Les insolites des municipales

19/03/2008 Le Point.fr – Par Jamila Aridj

Les insolites des municipales

Couverture du Journal de Saône-et-Loire du 18 mars 2008.

Certains candidats rêveraient de refaire le second tour des élections municipales. En effet, quoi de plus frustrant pour un candidat que de voir échapper le renouvellement de son mandat à une voix près… ou de perdre l’élection parce que ses colistiers ne sont pas assez vieux…

À Givry, pour être élu… il faut être vieux

Les scrutins électoraux réservent parfois des surprises : dimanche soir, au second tour des municipales, Givry, petite bourgade de 3 600 habitants située en Saône-et-Loire, a vécu le dépouillement des bulletins de vote avec un certain suspense. Résultat : 968 voix pour chaque liste ! Impossible donc de départager le candidat socialiste Daniel Villeret et le divers droite Philippe Cherpion. Déboussolé, le président du bureau de vote sollicite la préfecture. Le code électoral est clair : lorsqu’il s’agit d’une commune de plus de 3 500 habitants, c’est la liste à la moyenne d’âge la plus élevée qui remporte le scrutin. À ce petit jeu, c’est le candidat de gauche qui enlève finalement ce bastion de droite, par 53 ans contre 48. Ironie du sort, le candidat divers droite avait volontairement choisi des colistiers jeunes, il en avait même fait un argument de campagne, reprochant aux politiques de ne pas laisser la place à la nouvelle génération.

(…)

À Chévreville, la ligne haute tension laisse la ville sans voix

Le scrutin des municipales a permis en revanche à un petit village de la Manche de faire entendre sa voix, sans voter. En effet, Chévreville est la seule ville de France à ne pas avoir désigné de conseil municipal à l’issue des deux tours des élections. Les 9 et 16 mars, les bureaux de vote étaient bel et bien ouverts, mais aucun candidat à élire, aucune liste en compétition, et pas un des 168 électeurs ne s’est déplacé. Tous ont décidé de boycotter le scrutin afin d’interpeller les pouvoirs publics sur le projet de construction d’une ligne à haute tension “traversant le village du nord au sud et d’est en ouest, dessinant un zigzag sur tout le territoire communal”, précise au point.fr Hervé Gaté, porte-parole de l’association Touche pas à Chèvreville, qui réunit l’ensemble de la population. “Nous ne sommes pas opposés au transport d’électricité, mais nous refusons de voir cette ligne venir effleurer le bourg et s’implanter à 400 mètres de notre école maternelle”, fulmine-t-il. Le maire sortant, Victor James, quittera donc ses fonctions à la fin de la semaine, laissant désormais au préfet la gestion de la commune.

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