Gaz à effet de serre : une conclusion pour hypothèse ?

Voilà un énième article tentant de démontrer au travers de découvertes “scientifiques” que la psychose écologisante qui sévit actuellement avec le CO2 est bien fondée.

Un graphique qui se veut sans appel vient rappeler la dure réalité de la corrélation entre concentration de gaz à effet de serre et température de la planète :

Corrélation Gaz à effets de serre et température

Bien, mais comment donc a-t-on établi la température des 800 000 dernières années ? Nos ancêtres n’ayant pas vécu en Antarctique et les techniques de mesure de la température ayant au plus deux siècles d’existence, la courbe en rouge est nécessairement le résultat d’un calcul indirect de la température à partir d’autres données. Et c’est là que le bât blesse, mais qui n’inquiète personne puisque tout le monde semble être content qu’une étude de plus cautionne le dogme ambiant : est-il donc si futile de ne pas s’intéresser à cette méthode de détermination de la température ?

Madame la Communauté Scientifique Consensuelle, afin de ne plus biaiser, tromper et manipuler, serait-ce trop demander que de prouver que le calcul indirect de la température ne fait en aucun cas appel à des méthodes et données liées de près ou de loin aux hypothèses “couramment admises” sur la relation de cause à effet entre concentration de gaz à effet de serre et température ?
Faute de réponse de votre part, doit-on considérer que vous avez pris pour hypothèse la conclusion que vous espériez, et ensuite constaté avec un semblant de stupeur que les conclusions de vos travaux, issues de ces hypothèses, coïncident parfaitement avec ce que vous essayiez de démontrer ?
Votre démonstration serait juste, je vous l’accorde, et ferait même de votre discipline une science exacte. Mais alors il ne faudrait alors pas que vous espériez rencontrer un plus grand écho dans notre monde que le mathématicien qui, puissant dans ses raisonnements, sait aussi rester humble et conscient du piège de la tautologie.

3 comments for post “Gaz à effet de serre : une conclusion pour hypothèse ?”

  1. 22 May 2008 | 11:23 AM

    Lors de la fête de la Science 2006, j’avais rencontre a Saclay des chercheurs du CEA qui avait justement publie un article a ce sujet (dans Nature ou Science, je ne sais plus mais c’est du lourd!).
    La charmante auteur de l’article m’expliquait alors qu’ils utilisent des mesures de rapports isotopiques dans des carottes de glace pour déterminer la température ET/OU. Je t’invite a creuser davantage dans les détails de la procédure sur le site du CEA.

  2. SP
    26 May 2008 | 12:34 PM

    Les scientifiques retrouvent l’historique des températures et la composition de l’atmosphère à partir de carotages de couches de glaces conservées depuis l’époque (étude des cristaux présents + gaz absorbés).

    Le point qui reste à prouver est sur la corrélation des 2 courbes : rien ne prouve à priori la liaison entre les 2 évolutions ni n’explique les causes du réchauffement climatique en général.

  3. 26 May 2008 | 09:38 PM

    Euh, ces explications ne sont pas très convaincantes. Cela ne fait aucun doute qu’ils utilisent des carottes de glace, mais quelles données exploitent-ils donc ? On peut bien sûr penser aux isotopes 16 et 18 de l’oxygène (http://www.inrp.fr/Acces/biotic/environ/paleoclimats/html/paleoO18.htm) qui sont assez utilisés. Mais a-t-on prouvé que leur ratio est une variable indépendante (de coefficient de corrélation nulle) de la concentration en CO2 retrouvée dans les mêmes carottes ? C’est un point essentiel si l’on veut éviter de prouver que A=>B avec pour hypothèse non B=>non A.

    Je reste toujours sur ma faim, et déplore que l’on se satisfasse d’aussi peu de rigueur scientifique pour un sujet si important.

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