Hayek vs. Keynes – The Rap

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Hayek contre Keynes – VOSTfr
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President Obama: ‘Never Again Will the American Taxpayer be Held Hostage by a Bank that is ‘Too Big to Fail’

It is good to hear that the White House has clearly understood how banks could divert from their original mission while still benefiting from the associated privileges. Now, it should not make us forget the big share of responsibility that the US government had by actively encouraging subprime mortgages.
Obama’s objectives to reshape the financial industry are ambitious. If he succeeds, it will not radically change where and how banks are making money, but hopefully add more transparency and ensure that they are not playing against taxpayers and their own customers.

Plier ses tee-shirts en deux secondes – Une leçon de productivité

Cela faisait quelques temps déjà que j’avais vu une vidéo vantant les mérites de cette technique de pliage de tee-shirts et chemises, mais il fallait s’accrocher pour déterminer les étapes clefs permettant de reproduire l’exploit.
Aussi, lorsque je vois que certains ont pris le temps de la pédagogie, je me dois de saluer l’initiative. En effet, faut-il vraiment compter le nombre de personnes dans le monde concernées par cette tâche répétitive ? A part ceux qui ont quelqu’un pour le faire à leur place, et ceux qui ont fait le pari des tee-shirts jetables (lorsque certains pressings d’hôtels facturent 5€ le repassage, ou même si l’on compte le temps passé à laver et repasser soi-même, l’eau et l’électricité, un tee-shirt à 1€ – oui, cela existe, et même au bas de chez moi avec des inscriptions amusantes – apparaît comme une alternative inespérée, permettant en outre d’apporter du remblais pour les polders nécessaires dans notre lutte sans merci contre les ambitions conquérantes des mers et océans), plusieurs milliards d’être humains perdent chacun plusieurs milliers de minutes par an (en plus des plusieurs milliers de minutes de repassage – pratique culturelle aussi superflue que répandue).

Le gain de temps apporté par cette technique révolutionnaire de pliage des tee-shirts et vêtements de morphologie semblable, se traduirait donc concrètement pour l’humanité par 4 mn par jour * 365 jours * 6,8 milliards = 165 milliards d’heures.
Multipliez par le SMIC (soyons fous : 8,82 euros horaire au premier juillet 2009) et vous obtenez plus de 1459 milliards d’euros, soit pas loin d’une année de PIB français (1792 milliards en 2008) ou un peu plus que la dette publique française (1327 milliards en 2008)… Ou presque de quoi doubler le PIB de l’Afrique toute entière 1621 milliards en 2008).

En somme, une excellente leçon de productivité qui montre bien que les plus grands progrès de l’humanité résultent parfois de l’optimisation de simples gestes quotidiens.



Folding: How To Fold A T-Shirt In 2 Seconds – Explained

Les traders ont plus que jamais besoin de vous

La Fondation Erwin Mayer tient à associer toute son énergie à l’honorable mission caritative que l’association Save the traders a souhaité entreprendre.

Chacun a déjà pu faire ce constat simple : Les traders ont été injustement désignés comme les boucs émissaires de la crise mondiale que nous traversons. Non seulement c’est un raccourci fallacieux, mais c’est surtout oublier qu’ils en sont les premières victimes ! Fortune, emploi, honneur, certains d’entre eux ont tout perdu ou presque.

Alors, comme vous l’invite ce clip, que Save the traders a réalisé pour sensibiliser l’opinion publique à la situation désespérée de personnes de plus en plus nombreuses à Paris, Londres et New York, n’oubliez pas de donner beaucoup, ça aidera un peu.

Vous pouvez alternativement donner au Mir et au Bien, ils vous le rendront.

Production et circulation des richesses

Mon vénérable ami Louis-Arnaud m’a transmis dernièrement une introduction de son crû aux principes macroéconomiques fondamentaux d’une économie comme celle de la France :

Visualiser L.A. – Production et circulation des richesses

J’invite cordialement tous ceux qui veulent proférer un peu moins d’inepties ou d’imprécisions lors des dîners mondains à lire attentivement ce qui y est présenté.

Offrez-vous la Wii pouvoir d’achat pour Noël

La bancassurance, un pas de trop vers le précipice ?

Je vous conseille la lecture de cet article très intéressant d’Alain Trannoy qui met en exergue en quoi la fonction relativement récente des banques, converties en assureurs de crédits, pose problème par rapport aux mécanismes d’assurance classique. Ou comment appliquer des solutions d’un domaine à un autre domaine sans prendre en considération les hypothèses sous-jacentes (ça me fait penser à toutes ces chaînes de Markov et autres modèles probabilistes dont on oublie trop souvent les assumptions).

Pourquoi si vite, si fort, si simultané ? Pourquoi cette propagation aux banques européennes ? Cette question intrigue tout un chacun à propos de la très sévère crise de confiance qui touche les banques occidentales. Si toutes ne meurent pas, toutes semblent atteintes, malades en effet, de s’être lancées dans un métier, l’assurance, qui présente des écueils spécifiques. Faute d’être parvenus à les maîtriser, les instruments d’intermédiation financière ont provoqué une panne des échanges sur le marché interbancaire, typique d’une défaillance de marché provoquée par une asymétrie d’information généralisée entre tous les acteurs du système…

Le Billet et le Courtier

En ce jour de krach pour l’économie mondiale, je me permets de ressortir de mes archives cette fable que j’avais écrite voilà cinq ans. Le thème est bien connu, mais donne plus que jamais à réfléchir :

Le Billet et le Courtier

Un financier ruiné depuis quelques printemps,

Glanant débauché sur un trottoir répugnant,

Aperçut devant lui une coupure d’argent.

 

Notre mendiant, brutalement s’agite

Otant de sa tête les idées parasites.

Dans sa course, c’est logique

Il médite sur le morceau de fric :

« cinq euros seraient laids,

cependant bien assez,

je les place vite en bourse et

demain risquerai quelque gain ;

la moitié au banquier, le quart au prêt foncier.

Un mois ainsi, c’est aisé.

A moi, le raté, qui de tout fut privé,

je sens que l’argent redevient familier !

Dans mes poches à moi, le nul,

Je perçois le pognon qui pullule ! »

Dans sa bourse la fortune défile,

et tandis qu’il file

Vers lui un homme se faufile

S’incline, se penche, s’abaisse,

Récupère en liesse l’appât de la paresse.

 

Le gueux s’arrête, contemple sa défaite :

Broker, trader, « J’achète », fortune faite,
A tort et avec rien il crut gagner le faîte.

 

E. Mayer (2003)

Le début de la fin pour les prestigieuses banques d’affaires américaine ?

On avait jusqu’ici peu parlé d’elles. Pourtant, elles brassent une quantité phénoménale des instruments financiers circulant sur la place. Lorsqu’on lit, de la bouche même de du patron du groupe Bear Sterns, Alan Schwartz, pour motiver son recours à la Fed, que face aux rumeurs de marché, « notre situation de trésorerie s’est nettement détériorée ces 24 dernières heures », on est en droit de s’interroger si ces colosses ne sont pas à la merci du premier vent défavorable venu. Eh quoi ? C’était donc si compliqué d’anticiper une telle situation ? 24h pour une cessation de paiement ! Mais c’est un danger public !

Ma première analyse serait de pointer du doigt les risques pris de manière inconséquentes, et aussi incroyable que cela puisse paraître, de facto soutenus par la FED ! Si dans mon entreprise je sais qu’en cas de petit souci de trésorerie je peux faire marcher la planche à billet, alors pourquoi donc réduirais-je mon exposition aux risques et prendrais-je la peine d’agir raisonnablement ? Je suis favorable à une intervention des banques centrales en cas de crash imminent, pour autant, ne pourrait-on pas assortir ces véritables sauvetages de sanctions pécuniaires fortes et d’obligations de restructuration ? En l’état actuel des choses, à la place de ces dirigeants de grosses institutions financières, je ne vois pas pourquoi je devrais m’inquiéter : 1. si les risques deviennent finalement réalité ce n’est pas moi personnellement qui trinque, je peux partir avec mes bonus des années de vaches grasses, et 2. si la solvabilité de la banque est en danger, je peux toujours compter sur mes amis de la FED qui ont trop peur que ma faillite déclenche une crise systémique. Ce n’est pas le capitalisme qui est fou, mais la politique monétaire. On ne peut pas cacher éternellement que le roi est nu.

23:51 | 14/03/2008 | Reuters

La Réserve fédérale des Etats-Unis, prenant une mesure d’urgence inédite semble-t-il depuis la Dépression des années 30, s’est portée vendredi au secours de la banque d’affaires Bear Stearns à cours de liquidités alors que s’intensifie la crise financière mondiale.

Lors d’une réunion convoquée à la hâte vendredi matin, le conseil des gouverneurs de la banque centrale américaine a décidé de fournir un financement d’urgence à 28 jours à Bear Stearns. L’établissement ne pouvant emprunter directement au guichet d’escompte de la Fed parce qu’il n’est pas une banque de dépôt, c’est la banque JP Morgan qui empruntera à la Fed pour son compte.

A la différence de Citigroup et d’autres banques, JP Morgan a réussi à limiter les dégâts causés par la crise du crédit. En outre, en tant qu’acteur important sur les marchés de la dette et des produits dérivés, JP Morgan aurait beaucoup à perdre si Bear Stearns ne pouvait honorer ses obligations.

Commentant sa décision, la Fed a déclaré dans un communiqué qu’elle était prête « à fournir des liquidités si nécessaire pour promouvoir le bon fonctionnement du système financier ».

Il s’agit de la troisième annonce surprise de la Fed au cours des huit derniers jours dans le but de consolider des marchés financiers fragilisés par la crise du crédit et l’assèchement des liquidités qui a résulté de l’effondrement des crédits immobiliers à risque dit subprimes.

Le montant définitif de l’effort consenti par la Fed n’est pas connu. Tout dépendra de la capacité de la banque d’affaires à pouvoir offrir des garanties pour ses emprunts, dit-on à la Fed où l’on précise que c’est Bear Stearns qui a appelé la Fed.

SITUATION DÉTÉRIORÉE, L’ACTION DÉGRINGOLE

La plus petite des grandes maisons de Wall Street est dernière est plus exposée que ses concurrentes au marché obligataire et a beaucoup de titres adossés à des prêts immobiliers.

Il y a deux jours, elle avait démenti les rumeurs de marché qui la disaient à cours de trésorerie. Le ton a changé vendredi, le patron du groupe Alan Schwartz expliquant, pour motiver son recours à la Fed, que face aux rumeurs de marché, « notre situation de trésorerie s’est nettement détériorée ces 24 dernières heures ».

« Nous avons pris cette décision importante pour restaurer la confiance du marché, renforcer notre trésorerie et nous permettre de poursuivre normalement nos activités », a-t-il dit.

Mercredi, il avait indiqué que la banque disposait de 17 milliards de cash, soit à peu près autant qu’à la fin février.

« Au rythme ou les choses allaient, nous avons pensé qu’il aurait pu se faire que les demandes de liquidités soient supérieures à nos ressources », a indiqué Schwartz.

Selon une source proche du dossier, sans l’intervention de la Fed, Bear Stearns n’aurait pas eu assez d’argent pour ouvrir boutique vendredi.

L’action Bear Stearns a fini en repli de près de 46% à 30,85 dollars à la Bourse de New York, entraînant dans son sillage les autres grandes banques et les sociétés financières.

JPMorgan a pour sa part précisé qu’elle ne pensait pas que son rôle d’intermédiaire n’exposerait pas ses actionnaires à un risque important. La banque a limité sa baisse à un peu plus de 4% vendredi à Wall Street.

LEHMAN BROTHERS SUR LA SELLETTE

La Securities and Exchange Commission (SEC), le gendarme boursier américain, a dit de son côté avoir été en étroit contact avec le Département américain du Trésor et la Réserve fédérale durant les discussions concernant le plan d’aide.

La réputation de Bear Stearns comme trader avisé avait déjà été mise à mal l’été dernier avec l’effondrement de deux fonds spéculatifs investis dans les crédits immobiliers.

« Cela suscite de sérieuses inquiétudes concernant d’autres banques. (Bear Stearns) n’est pas une petite banque, elle était le deuxième émetteur de crédits hypothécaires l’année dernière », estime Michael Klawitter, stratège devises chez Dresdner Kleinwort, à Francfort.

Certains craignent que Lehman Brothers ne prenne le même chemin. Son cours a dévissé de 14,6% vendredi.

Certains s’interrogent sur l’avenir même de Bear Stearns. « Avec cette réaction du marché, je dirais qu’en leur plantant une fourchette dessus, ils sont finis », estime ainsi James Ellman, gérant de fonds chez Seacliff Capital, un hedge fund établi à San Francisco.

« Le groupe doit clairement choisir entre des solutions désagréables: vendre une grande quantité de titres, vendre tout simplement le groupe ou céder des actifs pour tenir et espérer que tout ira pour le mieux », ajoute-t-il.

A la Fed, on précise que l’extension des lignes de crédits à des établissements qui ne sont pas des banques de dépôts remonte aux années 30, que la banque centrale avait autorisé dans les années 60 des prêts à de tels établissements mais que cette possibilité n’avait pas été utilisée à l’époque.

Version française Marc Angrand, Stanislas Dembinski et Danielle Rouquié

La Fed se porte au secours de la banque Bear Stearns

Lehman Brothers victime de son insuccès

La malédiction a encore frappé. Mais qu’ont donc pu faire de mal ces grosses institutions qu’on vénérait encore jusqu’à il y a peu comme des fleurons de la haute finance ?
Après sa soeur cadette Bears Stearns, dont j’avais amplement fait la nécrologie ici et ), Lehman Brothers n’est plus.

La prochaine ? JP Morgan ? Morgan Stanley ? Merril Lynch ? Allons, gardons le sourire, cela restera une belle histoire pour une saga au cinéma. Voilà encore une bonne illustration de l’intérêt de travailler dans la finance de marché en tant que salarié : rafflez le maximum pendant les années fastes ; lorsque les années de vaches maigres surviendront (par votre faute), vous n’aurez qu’à laisser vos congénères mourir de faim et, devant un bon repas, déplorer comme eux la situation.

The Associated Press – 13/09/08 à 13:35:20 – La banque Lehman Brothers va-t-elle passer le week-end?

Géant de Wall Street qui a lancé le commerce du coton aux Etats-Unis avant la Guerre de Sécession et financé un réseau ferroviaire qui aida à bâtir le pays, la vénérable banque Lehman Brothers pourrait bientôt tomber dans l’histoire. Dernière victime en date de la crise des prêts hypothécaires à risque, l’établissement a lancé une opération survie, mais il pourrait bien être dépecé d’ici dimanche soir.

« Rien, hormis un miracle, ne peut sauver Lehman en l’état », lance Anthony Sabino, professeur de droit et des affaires, qui ne donnait pas jusqu’à lundi matin à la banque…

Pour tenter de sauver Lehman Brothers, une réunion d’urgence s’est tenue vendredi soir à New York, avec des représentants des principales institutions financières américaines et le secrétaire au Trésor Henry Paulson.

Après les géants du refinancement hypothécaire Fannie Mae et Freddie Mac, la quatrième banque d’investissement du pays est en effet la dernière victime en date de la crise du crédit immobilier: après avoir résisté des mois durant à la tentation d’un rachat, elle a présenté un plan de restructuration et cherche désormais désespérément un repreneur.

Vendredi soir, alors que les spéculations et rumeurs allaient bon train dans la presse spécialisée, tout l’establishment financier du pays s’est retrouvé à négocier: outre le secrétaire au Trésor, étaient notamment présents le président de la SEC, la commission des opérations de bourse américaine, et celui de la branche new-yorkaise de la Fed. Selon le « Wall Street Journal », les dirigeants de Morgan Stanley et de Merrill Lynch assistaient aussi à cette rencontre.

Selon les observateurs, Lehman pourrait être dépecée, d’autres sociétés financières acquérant ses différentes activités. Son immobilier risque d’être vendu à perte…

Parmi les acheteurs potentiels, qui ont tous refusé de faire un commentaire, on avance les noms de la Bank of America, et à l’étranger, la Britannique Barclays, la Japonaise Nomura Securities, la Française BNP-Paribas ou encore l’Allemande Deutsche Bank.

Vendredi, l’action Lehman a terminé à 3,65 dollars, un plongeon historique et humiliant de près de 95% sous son record de 67,73 dollars.

Fondée il y a 158 ans, Lehman Brothers est l’une des plus anciennes sociétés de Wall Street, finançant le coton d’Alabama, puis la construction du chemin de fer de Pennsylvanie, avant de bâtir sa réputation sur la gestion de bons du Trésor et autres valeurs.

Durant ses 15 années à la tête de la banque, son PDG Richard Fuld a étendu ses activités aux investissements financiers et à la gestion de fonds pour de riches clients. Mais en prenant de l’ampleur, la banque a également pris des risques, notamment sur les prêts hypothécaires. Et elle a été touchée de plein fouet par la crise du « subprime ». Au cours des seuls deux derniers trimestres, les pertes de Lehman Brothers ont grimpé à près de sept milliards de dollars (4,97 milliards d’euros).

Et dans son cas, la banque ne pourra pas compter sur le gouvernement: alors que les autorités avaient mis la main au porte-monnaie en mars pour permettre le rachat de Bear Stearns par JPMorgan Chase, Henry Paulson s’oppose totalement à un soutien à Lehman Brothers, selon une source proche du dossier. AP

Du budget des Etats-Unis

Lorsqu’il s’agit de comparer les choix de développement de différents pays développés, en partie matérialisés par la répartition qu’ils font de leur budget, on ne peut hélas que déplorer que, partant peut-être de bonnes intentions, des sites vulgarisateurs comme :


donnent des informations erronées et partielles. Comment un internaute lambda pourrait-il juger de la pertinence ou de l’impertinence du budget alloué au State Children’s health insurance program, qui est forcément dérisoire par rapport au budget total de la protection sociale (Social Security, Medicare, Medicaid) ?

En présentant les données différemment, on verrait que les Etats-Unis allouent 1,5 fois plus de ressources à la protection sociale sous ses diverses formes qu’à la défense nationale. Ce qui n’est pas nécessairement une bonne chose, le rôle essentiel d’un Etat devant selon moi (et Machiavel) se limiter précisément à la garantie de la sécurité des citoyens (ce qui ne l’empêche pas d’avoir un rôle régulateur pour promouvoir une égalité d’accès aux soins ou à l’éducation ; il serait temps de comprendre que l’argent n’a pas besoin de transiter par le Trésor public pour cela).

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Une bonne fois pour toutes, et cela n’a pas beaucoup changé ces dernières années, ni dans un sens ni dans l’autre (car si les dépenses militaires augmentent, le PIB aussi), la part du budget consacrée à la défense (Defense and Homeland Security) s’élève à 22% du budget fédéral. On est loin des 30% voire des 50% fréquemment invoqués comme argument d’autorité par des pseudos-experts lors de débats passionnés.

Le remboursement de la dette reste très raisonnable, à un peu plus de 8% (contre plus de 16% en France en 2007). Si les montants nominaux sont impressionnants, il y a lieu de relativiser eu regard au caractère marginal de ces « frais ». D’autant que si l’on en croit les perspectives selon George W. Bush, le gouvernement atteindra une rentabilité identique à celle d’une franchise McDonald’s à succès d’ici 2013 (10%):

Budget Totals (Billion USD) 2007 2008 2009 2010 2011 2012 2013
Receipts 2,568 2,521 2,700 2,931 3,076 3,270 3,428
Outlays 2,730 2,931 3,107 3,091 3,171 3,222 3,399
Deficit(−)/Surplus(+) −162 −410 −407 −160 −95 +48 +29

Qui a dit que M. Bush était un mauvais gestionnaire ? Diplômé de Yale et titulaire d’un MBA de Harvard, il sait que l’on ne peut jurer que par le discounted cash flow (qui ici reste négatif, mais au rythme où la situation se redresse, l’investissement deviendra rentable à partir de 2015).

President Bush holds up a computer with his E-Budget for the cameras during a Cabinet meeting Monday, Feb. 4, 2008.

Pour plus de détails, on se délectera des informations officielles sur le budget 2009 disponibles sur la section du site de la Maison Blanche consacrée à l’Office of Management and Budget.

Nicolas Sarkozy et François Fillon n’ont plus qu’à aller se rhabiller avec leurs timides objectifs d’équilibre budgétaire d’ici 2012.

Mission green : rapport interne de la Société Générale sur l’Affaire Kerviel

Dans un rapport publié aujourd’hui, et curieusement intitulé « mission vert » (et non mission verte, le « green » étant postposé), l’Inspection Générale de la Société Générale revient en détail sur les opérations effectuées par Jérôme Kerviel. On y lit une foule d’informations intéressantes, pour votre culture (si vous voulez faire pareil et aller aussi en prison), je ne peux que vous le conseiller : Rapport de la Mission Green.

Ce qui choque, c’est cette courbe de P&L consolidé hors positions fictives. Au vu des risques pris dès juin 2007 par Jérôme Kerviel, qui était déjà en perte de plus de 2 milliards d’euros (comme dirait l’amie Ségolène, il aurait mieux fait d’en faire don à la Fondation Erwin Mayer), sauvé miraculeusement par le krach des subprimes en août, je ne peux que retirer tout soutien ou compassion que j’avais à son égard. Il faut vraiment être débile ou malintentionné pour en arriver là. On dirait un boursicoteur de la première heure, qui se plaît à vivre pleinement et longuement avec le marché ou contre le marché selon son humeur. Après un tel drawdown (-85% en un an sur des positions hyper spéculatives en warrants), lorsque je commençai quant à moi à « investir » en 2006, j’eus au moins le mérite de remettre en question ma « stratégie ». Là non. L’ami Kerviel, non content d’avoir effacé sa perte colossale grâce à un facteur accidentel, a joyeusement repris sa martingale, histoire de voir s’il pouvait inverser la courbe. Je doute qu’il se soit amusé à cela s’il s’était agi de ses économies.

Illustration n°2 : P&L de Jérôme Kerviel

Il n’y a plus qu’à espérer que cette déficience ne soit pas trop répandue parmi les traders. Le jeu est à somme nulle (sauf pour les courtiers qui prennent inlassablement leur prime au passage), mais cela ferait vraiment tâche qu’une telle profession soit le vivier de tant de joueurs compulsifs et magouilleurs.

Update du 24 mai : la Mission green vient de publier un second (et dernier) rapport, qui apporte de nombreuses précisions et informations nouvelles. Voir ici le post relatif.

Mission green : deuxième rapport interne de la Société Générale

Faisant suite au premier rapport de synthèse rendu mi février 2008 (et téléchargeable ici), on lira avec intérêt le deuxième (et dernier) rapport de la Mission green mise en place pour éclaircir l’affaire Kerviel, menée par le très respecté Jean-Martin Folz, ex PDG de PSA et administrateur de la Société Générale, et publié fin mai. Il passe en revue aussi bien les manipulations effectuées par le trader que les défauts de contrôle en interne et de la part des organismes externes. Vous pouvez le télécharger ici au format PDF.

Plus spécifiquement selon el Gosto, il se concentre sur les points suivants :

  • L’activité de JK.
  • Présentation de l’organisation SG.
  • Le trader réussit à cacher son résultat réel, faisant apparaître un résultat « officiel » en comparaison très faible.
  • Les mécanismes de dissimulation utilisés par JK.
  • JK a utilisé des faux e-mails à sept reprises.
  • La chronologie des faits.
  • Résultat des travaux de rapprochement.
  • Une partie significative du résultat déclaré de JK provient de son activité frauduleuse mais nous ne pouvons pas en établir le montant exact.
  • Liste des flux de provisions de plus de 50 MEUR saisis en 2007 et janvier 2008 avec le matricule de l’agent du middle office opérationnel dédié à l’activité de JK.
  • Le départ du précédent manager de JK a coïncidé avec le début de ses prises de positions massives frauduleuses.
  • Trois documents normatifs encadrent l’activité d’un manager de trading.
  • Le montant du résultat de JK aurait dû alerter sa hiérarchie.
  • Une analyse approfondie des informations disponibles relatives à la trésorerie aurait pu permettre de détecter la fraude.
  • Les cas de défaillance des opérateurs sont rares au regard des procédures en vigueur ; en revanche, les opérateurs n’approfondissent pas systématiquement leurs contrôles au-delà de ce que prévoient les procédures.
  • Résultats des investigations complémentaires sur le périmètre de SG CIB.

Dealing with trading issues in the Société Générale

This confidential flowchart from the Société Générale will definitely help us better understand what exactly occurred in January of this year with Jérôme Kerviel. Now that we know he followed the procedure carefully, who’s to blame?

Société Générale Issue Flowchart

For those who may not know, « Oui = Yes » and « Non = No », the diagram is written in classical Société Générale Franglish.

Préparer sa retraite selon l’Agence France Trésor

Me sentant hautement concerné par la problématique, j’ai accueilli avec une extrême bienveillance cette illustration d’un guide émis par l’Agence France Trésor et visant à former les Français sur la gestion de leur patrimoine via les Obligations Assimilables du Trésor (OAT).

Préparation à la retraite

Voilà ce que voulait certainement dire notre Président avec ses fameux « Il faut travailler plus pour gagner plus » et autres « Libérons le travail » : il ne parlait pas de se prendre la tête à remettre en question les 35 heures, non, il souhaitait en réalité que les Français puissent faire travailler plus efficacement leur patrimoine. Il fallait donc soutenir le capitalisme, fût-il d’Etat. C’est tout de même moins fatiguant comme cela. Et cela rend enfin caduque le dilemme suivant :

Si l’on travaille plus, on va gagner plus. Or si l’on gagne plus, on va travailler moins. Mais si l’on travaille moins, on va gagner moins. Donc si l’on travaille plus, on va gagner moins. Comme si l’on gagne moins on va travailler plus, au final on va travailler plus pour travailler plus.

En effet, si l’argent travaille plus, il va gagner plus, et pourra donc travailler plus pour gagner plus. On va donc gagner plus pour gagner plus, et tout le monde est content. On comprend mieux le bon sens animant notre ami sur le hamac.

La bourse : une affaire rentable ?

Gunther Capelle-Blancard et David le Bris publient sur Télos un article intéressant sur les performances d’un CAC40 reconstitué depuis 1854. Etait-il rentable de suivre passivement le marché ces 154 dernières années ? La réponse est mitigée, vu les inégalités de performance en fonction des périodes. Mais l’on apprend aussi que les placements alternatifs (bons du trésor, or) auraient tout juste permis de compenser l’inflation.

Il semble donc qu’une approche active soit à préconiser pour superformer le marché, en particulier en tirant profit de la volatilité de marchés plus prédictifs comme l’immobilier ou en s’impliquant dans les choix stratégiques des entités recevant les investissements. La Fondation Erwin Mayer publiera une étude sur ses performances d’ici 5 ans. Au programme : créations, participations, fusions & acquisitions d’entreprises pour le plus grand bonheur de la création de valeur et de la croissance.

Telos – 19 Juin 2008
Le CAC 40 a vingt ans. Coté pour la première fois le 15 juin 1988 (avec une valeur de base de 1 000 points au 31 décembre 1987), cet indice depuis a été multiplié par 5, soit une progression moyenne de 8 % par an. Si les dividendes avaient été systématiquement réinvestis, la rentabilité totale aurait été de 11,5 % par an. Alors que les douze derniers mois ont été catastrophiques, une telle rentabilité est plutôt d’ordre à rassurer les investisseurs. À condition bien sûr que le futur soit à l’image du passé…

Les économistes considèrent généralement que pour avoir des estimations robustes, il faut disposer de séries suffisamment longues pour s’affranchir des heurts conjoncturels. David Le Bris a reconstruit l’indice CAC 40 depuis 1854 à partir des archives boursières. Les règles adoptées sont le plus proche possible de celles utilisées aujourd’hui par Euronext. Ce travail permet d’éclairer sous un jour nouveau le débat sur les performances de la Bourse de Paris. Ainsi, un portefeuille de 100 investi en 1854 vaudrait aujourd’hui 5 000. En supposant que les dividendes aient été systématiquement réinvestis, ce portefeuille vaudrait 1,8 millions, soit une progression annuelle moyenne de 6,5 %.

De cette performance nominale doit être déduite une inflation de 5,5 %, limitant à 1 % par an la rentabilité réelle. Il convient toutefois de distinguer deux régimes de croissance. Avant 1914 et depuis 1983, les prix sont stables : les actions offrent une rentabilité réelle totale de 5,5 % sur la première période et de 11 % sur la seconde. En revanche, entre 1914 et 1983, avec une inflation moyenne de 11 %, la performance réelle des actions est de –5 % : les périodes de forte inflation qui suivent chaque guerre mondiale ont laminé les actionnaires.

Quels enseignements pouvons-nous en tirer en ce qui concerne l’évolution future du CAC 40 ? La politique monétaire est aujourd’hui conduite de mains de fer par la BCE et l’inflation semble maîtrisée. On peut donc raisonnablement espérer une performance réelle moyenne au dessus de 5 %. Tabler sur une performance de 11% ? Pourquoi pas, mais c’est très optimiste tant ces vingt dernières années font figures d’exception.

Et qu’en est-il des autres placements ? Sur la période 1854-2008, les emprunts d’Etat offrent (coupons réinvestis) une rentabilité réelle à peine positive. Quant à l’or, il est performant dans les périodes difficiles mais maintient juste le pouvoir d’achat sur la durée. Ce qui est donc certain, c’est que les actions constituent le placement le plus rémunérateur à long terme. Au prix bien sûr d’une forte volatilité.

L’histoire de la Bourse est ponctuée de crises. La première, en 1857, vient (déjà !) des Etats-Unis qui profitent de la guerre de Crimée pour substituer leur blé aux exportations ukrainiennes et importent en masse les biens manufacturés européens. Mais le retour des blés d’Odessa provoque la chute des revenus agricoles américains, la faillite des importateurs puis de leurs banquiers avant de frapper l’Europe. Comme quoi, la mondialisation financière ne date pas d’hier… Le niveau de 1857 est dépassé dès 1879, à l’occasion de la forte vague haussière qui s’interrompt avec le krach de janvier 1882. C’est la faillite de la fameuse Union Générale qui restera dans la postérité grâce au roman qu’elle inspire à Zola, L’Argent. Il faut ensuite attendre 1926, soit 44 ans, pour que le record de 1882 soit enfoncé, mais l’embellie sera de courte durée. En 1929, la France ne connaît pas de krach mais une longue dépression ponctuée notamment par la faillite de la Banque Nationale de Crédit. Se pose alors l’éternel dilemme : « pour sauver les innocents, il faut sauver les coupables » ! La Bourse de Paris ne rebondit ensuite qu’avec la Seconde Guerre mondiale, portée à la hausse par la fermeture des frontières et l’immense émission de monnaie pour payer les frais de l’armée d’occupation. Dans ce contexte, tout ce qui ressemble à une valeur réelle est recherché : les actions comme l’or, les timbres poste ou l’immobilier. Mais la croissance est de courte durée : la Bourse s’enfonce avec le marasme économique de l’immédiat après guerre.

Les nationalisations de la Libération (un tiers des quarante premières capitalisations de 1939 est nationalisé) réduisent nettement la diversification de l’indice et les valeurs pétrolières jouent alors les premiers rôles. Filiale française de la Standard-Oil, Esso, qui est alors la cinquième capitalisation, voit son cours multiplié par dix en 1954 suite à la découverte de pétrole dans les Landes. Le Sud-Ouest ne deviendra pas le Texas français mais c’est l’ensemble de la cote parisienne qui rebondit. Et on est déjà au-delà des 1 000 points ! On entre ensuite dans une longue période de baisse, jusqu’en 1981 où les actions chutent de 30 % avec l’élection de François Mitterrand. Les nationalisations ramènent en janvier 1983 le ratio capitalisation boursière du CAC 40 sur PIB à 2 %, contre plus de 20 % en 1914 et même 36 % lors du sommet de 1882. Avec les dénationalisations récentes et la forte hausse des actions depuis 25 ans, à peine heurtée par le krach d’octobre 1987, ce ratio est aujourd’hui de près de 60 % (avec un pic au-delà de 75 % en 2000).

Il a donc fallu une quarantaine d’années à l’indice boursier parisien pour franchir le niveau de 1882 et une trentaine d’années pour dépasser celui de 1961. Alors, combien de temps le record du CAC 40 de 6 922 points du 4 septembre 2000 tiendra-t-il ?

Why startups fail

Here is an interesting post regarding some reasons why startups might fail. They can look obvious but any entrepreneur should be aware of them.

Clairvoyance & Simplicité

For those who would be lazy reading the full article (although not that long), I have drawn the following outlines :

  • They spend too much on sales and marketing before they’re ready
  • The market outpaces the startup’s ability to execute
  • There is no Entrepreneur
  • The market takes too long to develop
  • Failure risks are not properly identified

And I would personally add a few more:

  • They fear to meet their market 
  • They wait for their product to be perfect before starting selling it
  • There is no innovation, or it can be copied too easily

Regarding these potential factors of failure, or if properly avoided, factors of success, I wonder where a promising startup company like Goojet will go. Millions of euros have been invested and they have been developing their product for one year and a half, but they only went into public beta a few days ago, while the field is highly competitive and there is a strong need for network externalities (the more people the better), especially since their revenue model is based on a large user base.

Would the best outcome for them be to sell their technology/platform before other players catch them up (and they can make tens of millions that way, which is not bad for a company without clients!), or to meet the challenge and keep on faster with a much more reactive and adaptative strategy? You should not doom a company unless you are shortselling it…

Mostapha Belkhayate : L’or atteindra 1.450 dollars avant la fin de l’année et passera la barre des 2.000 dollars en 2009

Mostapha Belkhayate est-il un Warren Buffet de la spéculation, ou un énième gourou qui finira par se planter à force d’être trop téméraire ?
Une chose est sûre, tant que les performances sont au rendez-vous, il est très tentant de confier sa fortune à un winner, et, je vous l’accorde, est toujours préférable à croire en la remontée d’un looser.

Cliquez ici pour lire l’interview avec ses croustillants pronostics.

Un milliardaire des bois

En voilà un que je ne connaissais pas encore. Sa stratégie me paraît très bonne. Il fait une sorte de mini OPA hostile et ensuite pourra faire pression pour faire racheter ses actions par Microsoft.

Libération – Le milliardaire Carl Icahn pousse Yahoo dans les bras de Microsoft – vendredi 16 mai 2008

Pour le directeur et le conseil d’administration d’une entreprise, savoir Carl Icahn s’intéresser de très près à vous n’est jamais une bonne nouvelle. Le milliardaire new-yorkais de 71 ans, réputé pour s’inviter dans le capital d’entreprises en difficulté afin d’imposer ses hommes ou pour forcer des décisions stratégiques, a lancé une fronde contre Yahoo. Histoire de forcer le portail Internet à accepter l’offre de rachat de Microsoft, dix jours à peine après l’échec des négociations entre les deux groupes. Depuis la semaine dernière, l’actionnaire activiste a accumulé 59 millions d’actions Yahoo, qui représentent 3,6 % de son capital. Par son offensive, Carl Icahn souhaite imposer le remplacement d’une dizaine de membres du conseil d’administration du portail.

Os. Le refus par les dirigeants de Yahoo, le 3 mai, de l’offre de rachat de Microsoft à hauteur de 47 milliards de dollars (30 milliards d’euros) a été mal reçu par plusieurs actionnaires de Yahoo. C’est sur ce mécontentement que s’appuie aujourd’hui Carl Icahn, même s’il n’a pas encore obtenu l’assurance des patrons de Microsoft qu’ils reprendront leurs pourparlers avec le portail Internet et son nouveau conseil d’administration. Ces derniers jours, plusieurs dirigeants de Microsoft ont déclaré qu’ils ne reviendraient pas sur leur décision. Si la nouvelle n’a pas paru ébranler Jerry Yang, le patron et cofondateur de Yahoo, celui-ci a néanmoins des soucis à se faire. Tenace, Carl Icahn lâche rarement son os lorsqu’il entreprend pareil investissement. Celui qui aime se faire passer pour le «Robin des bois des milliardaires», adoré des actionnaires mais franchement détesté des PDG, a déjà un certain nombre de succès à son actif.

Il y a un mois, après un long bras de fer, il forçait Motorola à accepter deux de ses hommes à son conseil d’administration. Malgré les réticences initiales du géant de la téléphonie, il a obtenu gain de cause en échange du retrait de sa plainte qui aurait forcé le géant des télécoms à révéler des informations dévastatrices sur les problèmes de gestion de sa branche mobile. Dans une manœuvre du même type à la fin 2007, Icahn avait poussé avec succès Oracle (logiciels informatiques) à revenir à la table des négociations et à conclure le rachat de BEA Systems (logiciels de base de données) dont il était l’un des actionnaires.

Décrit comme un personnage complexe, fils d’une institutrice et d’un chanteur de synagogues dans le quartier du Queens, Icahn, né en 1936, avait entamé des études de médecine à Princeton, avant de se lancer dans la finance. Il y acquiert rapidement une réputation d’actionnaire activiste. Au fil des ans, il s’est illustré pour avoir rapporté de juteux bénéfices à des millions de petits porteurs en menant des opérations hostiles contre des géants. Son terrain de chasse s’est étendu à divers secteurs, du pétrole à l’hôtellerie, en pensant par la pharmacie, l’immobilier, ou l’automobile. Il s’est également élevé contre les salaires et les «parachutes dorés» en cas de licenciements des PDG.

Plainte. Dans une lettre au président de Yahoo, Roy Bostock, Carl Icahn écrit avoir établi une liste provisoire de dix administrateurs potentiels, dont lui-même, Frank Biondi, ancien patron de Viacom, Keith Meister, vice-président d’Icahn Entreprises, et Mark Cuban, cofondateur du réseau câblé HDNet. Ces administrateurs soutiendraient l’offre à 33 dollars l’action faite par Microsoft. Hier, le cours de Yahoo gagnait 1,85, à 27,60 dollars. D’autres actionnaires du portail mènent campagne contre la direction, dont Scott Galloway, fondateur du fonds d’investissement Firebrand Partners. Sept d’entre eux ont déjà porté plainte contre Yahoo.

La baraka justifie-t-elle des primes de 250 millions de dollars ?

C’est la question que je me pose. Le problème avec ce qui est présenté dans l’article du Monde ci-dessous est le suivant : M. Coffey a réalisé plus de 68% de performance entre 2004 et 2007. Bien, mais combien de ses homologues ont perdu ou fait des rendements bien moins digne de pavaner ? Jusqu’où peut-on vraiment penser que son résultat est bien dû à sa « tête bien faite » ? Prenez 100 personnes et faites leur jeter des dés, vous en trouverez bien une minorité qui font des six bien plus souvent que la moyenne. Quelles conclusions en tirer ? Aucune.

Je ne suis pas un grand fan des critiques à l’encontre de ceux qui gagnent de l’argent, bien au contraire, mais jusqu’où un salarié mérite-t-il d’être payé pour un travail qui n’est peut-être qu’hasardeux ? Avant 2004, et après 2008, quels rendements ? S’il tombe dans le rouge, aura-t-il une prime négative ? Non. Il investissait où ? « Fonds émergents ». Tout est dit. Ces marchés ont grimpé en flèche ces dernières années, 68% n’ayant rien de brillant par rapport aux hausses des indices boursiers de ces pays. Le jour où la bulle va éclater, M. Coffey paiera-t-il les pots cassés, ou laissera-t-il ses clients assumer entièrement les risques pris ?

Il y a cependant peu de chances que cela change à l’avenir, car je ne serais pas surpris qu’en réalité les clients soient certainement très contents malgré tout. Il y a juste un parasite au milieu qui se prend pour une star quand tout va bien et qui s’éclipse quand tout va mal.

Rien de personnel dans ces propos, je ne connais pas encore M. Coffey ni les stratégies d’investissement/spéculation qu’il a mises en place. Mais voilà des réflexions générales sur le sujet, qui me confortent dans l’idée qu’il est possible en finance de gagner énormément sans avoir de mérite particulier, hormis au début pour entrer dans la danse. Au vu de mes performances réelles lors de ce début, il ne me déplairait pas d’être engagé par GLG Partners en remplacement de M. Coffey. Quand on gère 4 milliards de dollars, l’approche du marché est complètement différente et à mon avis beaucoup plus déterministe que lorsqu’on en gère 100 000. Or, j’aime ce qui est déterministe.

Comment flamber une prime de 250 millions de dollars (162,3 millions d’euros) ? Cet exploit, le financier londonien Greg Coffey, 36 ans, vient de le réaliser. En quittant GLG Partners, le deuxième plus gros hedge fund britannique, pour créer son propre fonds spéculatif, le trader a en effet perdu [renoncé à, NDLFEM] ce pactole que devait lui octroyer son employeur.

Pour GLG Partners, le départ du petit génie australien, gestionnaire de ses quatre fonds émergents phares, est une catastrophe. Car la star de la City a réalisé des rendements records, plus de 68 % entre 2004 et 2007. La clientèle de M. Coffey a commencé à retirer ses avoirs pour les lui confier, et ces retraits, selon GLG, devraient représenter 4 milliards de dollars, soit 16 % de ses actifs.

« Je pense qu’ils sous-estiment les montants en péril. Greg était leur vraie vedette, avec une tête bien faite, un grand savoir-faire et une détermination à toute épreuve. Il a aussi la baraka », souligne un vétéran de la profession, à la tête d’un fonds de fonds. A lui seul le natif de Sydney a rapporté, en 2007, la moitié des commissions du hedge fund.

Comment expliquer la décision de ce héros de la finance, à qui GLG avait versé une rémunération de 300 millions de dollars (194,8 millions d’euros) lors de l’exercice 2007-2008 ?

« Dans les hedge funds, l’absence d’entraves bureaucratiques favorise la créativité. Ce secteur est un terreau fertile à l’éclosion de personnalités indépendantes. Greg a voulu être son propre boss », analyse un observateur. M. Coffey a suivi l’exemple d’autres superstars des marchés. Comme Christopher Hohn, son compère, parti de Perry Parker à New York pour fonder The Children’s Investment Management Fund (TCI), expert des coups boursiers. Ou le trio fondateur de GLG, venu de Lehman Brothers. Sans oublier le Français Philippe Jabre, principal trader de GLG, condamné en mai 2006 pour abus de marché dans l’affaire Sumitomo qui a monté le fonds Global Macro, à Genève.

A l’évidence, M. Coffey supportait mal la tutelle des trois principaux associés de GLG, qui en détiennent 53 % des droits de vote. Et il se sentait à l’étroit dans une entreprise soumise aux inquisitions des analystes et des médias depuis son introduction à la Bourse de New York en 2007. Le Monde

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