Un milliardaire des bois

En voilà un que je ne connaissais pas encore. Sa stratégie me paraît très bonne. Il fait une sorte de mini OPA hostile et ensuite pourra faire pression pour faire racheter ses actions par Microsoft.

Libération – Le milliardaire Carl Icahn pousse Yahoo dans les bras de Microsoft – vendredi 16 mai 2008

Pour le directeur et le conseil d’administration d’une entreprise, savoir Carl Icahn s’intéresser de très près à vous n’est jamais une bonne nouvelle. Le milliardaire new-yorkais de 71 ans, réputé pour s’inviter dans le capital d’entreprises en difficulté afin d’imposer ses hommes ou pour forcer des décisions stratégiques, a lancé une fronde contre Yahoo. Histoire de forcer le portail Internet à accepter l’offre de rachat de Microsoft, dix jours à peine après l’échec des négociations entre les deux groupes. Depuis la semaine dernière, l’actionnaire activiste a accumulé 59 millions d’actions Yahoo, qui représentent 3,6 % de son capital. Par son offensive, Carl Icahn souhaite imposer le remplacement d’une dizaine de membres du conseil d’administration du portail.

Os. Le refus par les dirigeants de Yahoo, le 3 mai, de l’offre de rachat de Microsoft à hauteur de 47 milliards de dollars (30 milliards d’euros) a été mal reçu par plusieurs actionnaires de Yahoo. C’est sur ce mécontentement que s’appuie aujourd’hui Carl Icahn, même s’il n’a pas encore obtenu l’assurance des patrons de Microsoft qu’ils reprendront leurs pourparlers avec le portail Internet et son nouveau conseil d’administration. Ces derniers jours, plusieurs dirigeants de Microsoft ont déclaré qu’ils ne reviendraient pas sur leur décision. Si la nouvelle n’a pas paru ébranler Jerry Yang, le patron et cofondateur de Yahoo, celui-ci a néanmoins des soucis à se faire. Tenace, Carl Icahn lâche rarement son os lorsqu’il entreprend pareil investissement. Celui qui aime se faire passer pour le «Robin des bois des milliardaires», adoré des actionnaires mais franchement détesté des PDG, a déjà un certain nombre de succès à son actif.

Il y a un mois, après un long bras de fer, il forçait Motorola à accepter deux de ses hommes à son conseil d’administration. Malgré les réticences initiales du géant de la téléphonie, il a obtenu gain de cause en échange du retrait de sa plainte qui aurait forcé le géant des télécoms à révéler des informations dévastatrices sur les problèmes de gestion de sa branche mobile. Dans une manœuvre du même type à la fin 2007, Icahn avait poussé avec succès Oracle (logiciels informatiques) à revenir à la table des négociations et à conclure le rachat de BEA Systems (logiciels de base de données) dont il était l’un des actionnaires.

Décrit comme un personnage complexe, fils d’une institutrice et d’un chanteur de synagogues dans le quartier du Queens, Icahn, né en 1936, avait entamé des études de médecine à Princeton, avant de se lancer dans la finance. Il y acquiert rapidement une réputation d’actionnaire activiste. Au fil des ans, il s’est illustré pour avoir rapporté de juteux bénéfices à des millions de petits porteurs en menant des opérations hostiles contre des géants. Son terrain de chasse s’est étendu à divers secteurs, du pétrole à l’hôtellerie, en pensant par la pharmacie, l’immobilier, ou l’automobile. Il s’est également élevé contre les salaires et les «parachutes dorés» en cas de licenciements des PDG.

Plainte. Dans une lettre au président de Yahoo, Roy Bostock, Carl Icahn écrit avoir établi une liste provisoire de dix administrateurs potentiels, dont lui-même, Frank Biondi, ancien patron de Viacom, Keith Meister, vice-président d’Icahn Entreprises, et Mark Cuban, cofondateur du réseau câblé HDNet. Ces administrateurs soutiendraient l’offre à 33 dollars l’action faite par Microsoft. Hier, le cours de Yahoo gagnait 1,85, à 27,60 dollars. D’autres actionnaires du portail mènent campagne contre la direction, dont Scott Galloway, fondateur du fonds d’investissement Firebrand Partners. Sept d’entre eux ont déjà porté plainte contre Yahoo.

La baraka justifie-t-elle des primes de 250 millions de dollars ?

C’est la question que je me pose. Le problème avec ce qui est présenté dans l’article du Monde ci-dessous est le suivant : M. Coffey a réalisé plus de 68% de performance entre 2004 et 2007. Bien, mais combien de ses homologues ont perdu ou fait des rendements bien moins digne de pavaner ? Jusqu’où peut-on vraiment penser que son résultat est bien dû à sa “tête bien faite” ? Prenez 100 personnes et faites leur jeter des dés, vous en trouverez bien une minorité qui font des six bien plus souvent que la moyenne. Quelles conclusions en tirer ? Aucune.

Je ne suis pas un grand fan des critiques à l’encontre de ceux qui gagnent de l’argent, bien au contraire, mais jusqu’où un salarié mérite-t-il d’être payé pour un travail qui n’est peut-être qu’hasardeux ? Avant 2004, et après 2008, quels rendements ? S’il tombe dans le rouge, aura-t-il une prime négative ? Non. Il investissait où ? “Fonds émergents”. Tout est dit. Ces marchés ont grimpé en flèche ces dernières années, 68% n’ayant rien de brillant par rapport aux hausses des indices boursiers de ces pays. Le jour où la bulle va éclater, M. Coffey paiera-t-il les pots cassés, ou laissera-t-il ses clients assumer entièrement les risques pris ?

Il y a cependant peu de chances que cela change à l’avenir, car je ne serais pas surpris qu’en réalité les clients soient certainement très contents malgré tout. Il y a juste un parasite au milieu qui se prend pour une star quand tout va bien et qui s’éclipse quand tout va mal.

Rien de personnel dans ces propos, je ne connais pas encore M. Coffey ni les stratégies d’investissement/spéculation qu’il a mises en place. Mais voilà des réflexions générales sur le sujet, qui me confortent dans l’idée qu’il est possible en finance de gagner énormément sans avoir de mérite particulier, hormis au début pour entrer dans la danse. Au vu de mes performances réelles lors de ce début, il ne me déplairait pas d’être engagé par GLG Partners en remplacement de M. Coffey. Quand on gère 4 milliards de dollars, l’approche du marché est complètement différente et à mon avis beaucoup plus déterministe que lorsqu’on en gère 100 000. Or, j’aime ce qui est déterministe.

Comment flamber une prime de 250 millions de dollars (162,3 millions d’euros) ? Cet exploit, le financier londonien Greg Coffey, 36 ans, vient de le réaliser. En quittant GLG Partners, le deuxième plus gros hedge fund britannique, pour créer son propre fonds spéculatif, le trader a en effet perdu [renoncé à, NDLFEM] ce pactole que devait lui octroyer son employeur.

Pour GLG Partners, le départ du petit génie australien, gestionnaire de ses quatre fonds émergents phares, est une catastrophe. Car la star de la City a réalisé des rendements records, plus de 68 % entre 2004 et 2007. La clientèle de M. Coffey a commencé à retirer ses avoirs pour les lui confier, et ces retraits, selon GLG, devraient représenter 4 milliards de dollars, soit 16 % de ses actifs.

“Je pense qu’ils sous-estiment les montants en péril. Greg était leur vraie vedette, avec une tête bien faite, un grand savoir-faire et une détermination à toute épreuve. Il a aussi la baraka”, souligne un vétéran de la profession, à la tête d’un fonds de fonds. A lui seul le natif de Sydney a rapporté, en 2007, la moitié des commissions du hedge fund.

Comment expliquer la décision de ce héros de la finance, à qui GLG avait versé une rémunération de 300 millions de dollars (194,8 millions d’euros) lors de l’exercice 2007-2008 ?

“Dans les hedge funds, l’absence d’entraves bureaucratiques favorise la créativité. Ce secteur est un terreau fertile à l’éclosion de personnalités indépendantes. Greg a voulu être son propre boss”, analyse un observateur. M. Coffey a suivi l’exemple d’autres superstars des marchés. Comme Christopher Hohn, son compère, parti de Perry Parker à New York pour fonder The Children’s Investment Management Fund (TCI), expert des coups boursiers. Ou le trio fondateur de GLG, venu de Lehman Brothers. Sans oublier le Français Philippe Jabre, principal trader de GLG, condamné en mai 2006 pour abus de marché dans l’affaire Sumitomo qui a monté le fonds Global Macro, à Genève.

A l’évidence, M. Coffey supportait mal la tutelle des trois principaux associés de GLG, qui en détiennent 53 % des droits de vote. Et il se sentait à l’étroit dans une entreprise soumise aux inquisitions des analystes et des médias depuis son introduction à la Bourse de New York en 2007. Le Monde

S’inviter au festin de la finance moderne

Ce post publié ce jour sur Duo&Co cadre bien à mon opinion sur la finance moderne. Ma conclusion cependant est qu’il ne faut donc pas se gêner à venir prendre sa part du gâteau, quitte à mieux la digérer que ces gens-là…

Bonjour, je suis banquier, j’ai 40 ans, je suis vendeur de produits financiers complexes appelés dérivés de crédit. Je gagne 5000€ nets par mois hors bonus. Ma vie professionnelle se partage entre Paris, Londres, New York et parfois l’Asie. Ces dernières années, j’ai ramassé pas mal de blé. En effet, les facilités de crédit accordées par les banques centrales & la profondeur du marché de la dette résultante m’ont permis d’infuser le monde entier de mes CDOs, sortes de package de dettes dans lequel on met de la dette de bonne qualité et du « subprime » et qu’on refile à qui veut contre commissions, diners & blablas de financiers. Aujourd’hui, on se rend compte que tout cela, c’est du « bullshit », que ça masque le risque réel. Pas faux ! A vrai dire, sur le coup, je ne l’avais pas réalisé. Personnellement je m’en fous car sauf cette année, j’ai toujours touché mes primes. Cela m’a permis de m’acheter un appart à Paris, un flat à London & un lounge à New-York. Le reste de mon salaire part dans mes déplacements, l’achat d’ordinateurs (un par mois), la coke, les putes et les sorties. Accessoirement, je déteste les fonctionnaires et les 35h.

Bonjour, je suis fonctionnaire, j’ai 40 ans, je gagne 1700€ par mois. Plus exactement, je suis bibliothécaire dans une université publique de Paris. Je fais 35 heures par semaine, ou moins quand je m’arrange avec ma collègue. L’essentiel de mon activité professionnelle consiste à remettre à leur place les livres que les étudiants ont temporairement empruntés. Cela occupe à peine un dixième de mon temps de travail. Le reste, je le passe sur internet auquel j’ai accès en permanence. J’ai deux passions dans la vie, l’histoire et l’informatique. Ainsi, je contribue à renseigner wikipédia sur certains sujets historiques très précis et qui me passionnent, en travaillant consciencieusement et en citant mes sources. Je viens d’ailleurs d’être promu « bureaucrate » dans la hiérarchie wikipédia. Parallèlement, j’ai appris par moi-même plusieurs langages de programmation (c, c++, php, java..), cela me permet d’animer un blog de geeks-informaticiens. Parfois des étudiants du monde entier me posent leurs problèmes et je tente d’y répondre gratuitement à l’aide des livres dont je dispose à la bibliothèque. Je suis en outre content developper pour OpenOffice, la suite bureautique libre et gratuite qui supplantera bientôt Office de Microsoft. J’ai hérité d’un grand appart dans le 5ème arrondissement et je vais en vélib au travail. Je crame tout mon salaire en ordinateurs que je revends sur eBay pour ne pas qu’ils pourrissent dans mes poubelles. J’aime les restos, les bons Bordeaux et le tri des ordures.

En théorie, le banquier crée de la valeur financière pour ses actionnaires. En théorie seulement, puisque cette année, la plupart des banques accusent de lourdes pertes. Le fonctionnaire-bibliothécaire, lui non plus ne crée pas de valeur financière, quoique.. Celle-ci est difficilement mesurable lorsqu’il s’agit de service public d’éducation ou d’actionnaire-contribuables. Par contre, son bilan en termes de “valeur sociétale” est bien meilleur. Il ne pollue pas ou peu et contribue à diffuser gratuitement la connaissance.

The underestimated responsibility of rating agencies in the subprime mortgage crisis

I have just finished to read an excellent article from NYT about the subprime crisis, which underlines the intricacy of the relationships between rating agencies like Moody’s or S&P, and investment banks. It really looks like they played a very funny game together, and now the game is over. It will be hard however to tell who is the looser, since no value was created nor destroyed. Here are the best parts, but I strongly advise you to read the article entirely, to be able to negociate your next loan with a better advantage:

In 1996, Thomas Friedman, the New York Times columnist, remarked on “The NewsHour With Jim Lehrer” that there were two superpowers in the world — the United States and Moody’s bond-rating service — and it was sometimes unclear which was more powerful.

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In the frenetic, deal-happy climate of 2006, the Moody’s analyst had only a single day to process the credit data from the bank. The analyst wasn’t evaluating the mortgages but, rather, the bonds issued by the investment vehicle created to house them. A so-called special-purpose vehicle — a ghost corporation with no people or furniture and no assets either until the deal was struck — would purchase the mortgages. Thereafter, monthly payments from the homeowners would go to the S.P.V. The S.P.V. would finance itself by selling bonds. The question for Moody’s was whether the inflow of mortgage checks would cover the outgoing payments to bondholders. From the investment bank’s point of view, the key to the deal was obtaining a triple-A rating — without which the deal wouldn’t be profitable. That a vehicle backed by subprime mortgages could borrow at triple-A rates seems like a trick of finance. “People say, ‘How can you create triple-A out of B-rated paper?’ ” notes Arturo Cifuentes, a former Moody’s credit analyst who now designs credit instruments. It may seem like a scam, but it’s not.

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Structured finance, of which this deal is typical, is both clever and useful; in the housing industry it has greatly expanded the pool of credit. But in extreme conditions, it can fail.

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The challenge to investment banks is to design securities that just meet the rating agencies’ tests. Risky mortgages serve their purpose; since the interest rate on them is higher, more money comes into the pool and is available for paying bond interest. But if the mortgages are too risky, Moody’s will object. Banks are adroit at working the system, and pools like Subprime XYZ are intentionally designed to include a layer of Baa bonds, or those just over the border. “Every agency has a model available to bankers that allows them to run the numbers until they get something they like and send it in for a rating,” a former Moody’s expert in securitization says. In other words, banks were gaming the system; according to Chris Flanagan, the subprime analyst at JPMorgan, “Gaming is the whole thing.”

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Mason, of Drexel University, compared default rates for corporate bonds rated Baa with those of similarly rated collateralized debt obligations until 2005 (before the bubble burst). Mason found that the C.D.O.’s defaulted eight times as often. One interpretation of the data is that Moody’s was far less discerning when the client was a Wall Street securitizer.

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From 2002 to 2006, Moody’s profits nearly tripled, mostly thanks to the high margins the agencies charged in structured finance. In 2006, Moody’s reported net income of $750 million. Raymond W. McDaniel Jr., its chief executive, gloated in the annual report for that year, “I firmly believe that Moody’s business stands on the ‘right side of history’ in terms of the alignment of our role and function with advancements in global capital markets.”

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Moody’s monitors began to make inquiries with the lender and were shocked by what they heard. Some properties lacked sod or landscaping, and keys remained in the mailbox; the buyers had never moved in. The implication was that people had bought homes on spec: as the housing market turned, the buyers walked.

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“It seems there was a shift in mentality; people are treating homes as investment assets.” Indeed. And homeowners without equity were making what economists call a rational choice; they were abandoning properties rather than make payments on them.

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“We’re structure experts,” Yuri Yoshizawa, the head of Moody’s’ derivative group, explained. “We’re not underlying-asset experts.” They were checking the math, not the mortgages.

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The agencies have blamed the large incidence of fraud, but then they could have demanded verification of the mortgage data or refused to rate securities where the data were not provided. That was, after all, their mandate.

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Moody’s itself favors doing away with the official designation, and it, like S.&P., embraces the idea that investors should not “rely” on ratings for buy-and-sell decisions.

By the way, a new phenomenon is borrower’s attitude toward their beloved mortgaged house or car: some start burning them to have their insurance take over! Click here to read more.

“Last week, a Sacramento-area couple were arrested on allegations that they burned their Jeep and drove their Nissan pickup into a river, then filed fraudulent insurance claims. According to investigators, the wife admitted she was trying to escape her $600 monthly car payment. […] The sub-prime crisis began to hit in late 2006. There’s been an increasing number of cases since then,” said James Quiggle of the nonprofit Coalition Against Insurance Fraud, adding that he has about 20 such cases currently on file. “Will it explode as more mortgages are reset? That’s the question. […] The more serious problem, because of the costs involved, are home fires. Classic signs of an owner-complicit arson include removal of pets and expensive electronics before the blaze. But lately, investigators say their first step is a call to the bank to ask about the status of the mortgage.” Los Angeles Times

L’Eurex avait alerté la Société Générale dès le 19 octobre 2007

Voilà qui ne risque pas d’arranger la position de la Société Générale dans cette affaire, tandis que Jérôme a retrouvé du travail et va ainsi contribuer à abaisser les chiffres du chômage en France et dans l’OCDE.

 « L’établissement allemand [l’Eurex] s’est inquiété dès le mois d’avril 2007. Il réalise alors que les transactions se font toujours sur le même poste. Autrement dit, il subodore qu’un trader de la Générale agit seul.

Mais c’est l’opération du 19 octobre 2007 qui va le conduire à tirer la sonnette d’alarme. Ce jour-là, Kerviel négocie 6 000 futures – des contrats à terme – pour une valeur de 1 milliard d’euros. Cette fois, les Allemands savent qu’un seul opérateur ne peut engager de telles sommes pour le compte de sa maison. Ce qui justifie leur courrier du 7 novembre.

La lettre d’Eurex aboutit au service d’inspection de la Société générale, avec un double à Eric Cordelle, le patron direct de Kerviel. Le responsable de l’inspection interroge alors benoîtement Kerviel lui-même. Qui fournit des éléments d’information, pour la plupart évidemment faux.

La banque répond à Eurex le 20 novembre, justifiant le volume considérable des transactions par la progression du marché et les circonstances dans lesquelles ont été passés les ordres. Eurex détecte dans ce courrier de nombreuses erreurs, en particulier sur les horaires de travail du trader.

Le 26 novembre, les Allemands relancent les Français, faisant état de la fameuse transaction de 1 milliard. La Société générale ne réagit toujours pas…

La banque réplique aujourd’hui qu’Eurex est une société commerciale qui cherche à ne pas être impliquée. Elle s’étonne également que le financier allemand se soit contenté d’un simple courrier pour dénoncer les dérives constatées. A la suite des révélations de l’enquête, une douzaine de personnes vont quitter la banque, démissionnaires ou, la plupart, licenciées. » SauvezKerviel.com

Cherche assistante trader

“Plus les taux de testostérone des courtiers sont élevés, plus grands sont leurs gains réalisés lors d’une séance boursière, révèle une étude britannique publiée hier aux Etats-Unis.
Quand des courtiers de la City à Londres ont de hauts niveaux de testostérone le matin, ils réalisent des profits plus importants que la moyenne durant la journée, selon des travaux de chercheurs parus dans les Annales de l’Académie nationale américaine des Sciences (Pnas).
Ces scientifiques ont suivi 17 courtiers londoniens pendant huit jours. Ils ont mesuré leur niveau de testostérone, une stéroïde et principale hormone sexuelle mâle, à 11 heures du matin, en pleine activité boursière et à 16 heures, à la fin de la séance, en prélevant des échantillons de leur salive.” Libération

D’abord, il faudra que l’on m’explique pourquoi les études britanniques sont publiées aux Etats-Unis…

Ensuite, j’adore ce genre de corrélations ! Heureusement ils ne se lancent pas explicitement dans une relation de cause à effet, mais quand même… Que ne ferait-on pas pour vendre ou pour publier.

Enfin, une chose est sûre, un taux élevé de testostérone ne semble pas faire de mal. Aussi, je recherche une assistante trader. Demoiselles, n’hésitez pas à m’envoyer votre CV et votre lettre de motivation. Attention, je paie au salaire minimum du Mexique, soit 1400 pesos bruts par mois (un peu moins de 90 euros) ! Cela me paraît fort honnête puisque cela correspond à plus de 100 tacos au restaurant, soit au moins 3 par jour !

Surexposition de la Société Générale : nihil novi sub sole

Quand on parle de supposée prise de conscience des risques inhérents à la structure actuelle du système bancaire, qui semble trop investi dans les produits dérivés (censés au départ faciliter la gestion des risques, mais qui sont devenus les jeux à gratter des prestigieux départements de trading pour compte propre de certaines banques), on ne peut que sourire en tombant sur un article datant du 8 janvier 1996, paru dans La Tribune Desfossés (ancêtre de La Tribune), suite à la faillite de la banque Barings, et qui insiste sur la place particulière occupée par la Société Générale (3,27 trillions de dollars d’activité portant sur des produits dérivés fin 1994).

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Quand Arnaud veut gagner des millions

La retraite de Jérôme et Moussa, ou comment blanchir de l’argent tranquillement ?

“Après les attentats de Londres, Jérôme Kerviel avait pris une position sur le titre Allianz au-delà des limites autorisées. Cette position s’était révélée gagnante de 200 000 euro, mais il n’avait averti son supérieur hiérarchique Nicolas Bonin qu’à la fin de l’opération, allant à l’encontre des règles de la banque qui stipuleraient que tout dépassement de limite doit faire l’objet d’une demande et d’une approbation. Comme le mentionne l’arrêt de la chambre d’instruction publié mardi 18 mars : «Kerviel était alors explicitement mis en demeure par ses supérieurs hiérarchiques et lui-même, au cours d’une réunion spéciale valant avertissement, de ne pas recommencer à dépasser les limites sans l’avoir demandé et signalé, faute de quoi il serait licencié».” SauvezKerviel.com

“Moussa Bakir, le courtier qui a exécuté l’essentiel des ordres de Jérôme Kerviel passés fin 2007, a assigné en référé aux prud’hommes Fimat, la société qui l’emploie […] Son but: recouvrer le bonus contractuel correspondant à son travail du dernier trimestre de 2007. D’après son avocat, Jean-David Scemama, la somme non versée s’élève à 1.02 million d’euros, dont environ 955 000 euros correspondant uniquement aux ordres executés par Moussa Bakir pour le compte de Jérôme Kerviel.” Les Echos

Le trader Mostapha Belkhayate remis au goût du jour

Il y a près d’un an, Mostapha Belkhayate prophétisait avec une étrange clairvoyance l’avenir des marchés financiers. Malgré les possibilités de chance dans ses prédictions (on ne compte plus les gourous qui ont perdu toute crédibilité le jour où ils se sont sévèrement trompés), cela reste toujours intéressant a posteriori. Voici la fameuse interview qui avait fait parler de lui, “à l’aube d’un tsunami financier”.

Capital.fr 06/04/2007 08:47

Trader marocain, Mostapha Belkhayate s’est fait un nom en remportant il y a sept ans le championnat du monde de la bourse organisé par l’association des Traders internationaux de Genève et s’est ensuite illustré en recommandant le pétrole et l’or juste avant leur envolée, classant dans la même volée Mansa Moussa Gold Fund, un fonds or de 250 millions de dollars dont il assure la gestion, en tête du peloton des fonds sur matières premières. Il revient sur les placements à privilégier pour 2007 et 2008.

A presque 1,34 dollar pour un euro, le billet vert se situe à un plancher de deux ans face à la monnaie unique. Comment devrait évoluer la devise américaine, à moyen terme ?

Mostapha Belkhayate : La devise américaine va faiblir contre toutes les devises. Je ne serai pas étonné de voir d’ici la fin 2007 l’euro grimper à 1,45 dollar. Et le yen s’envoler face au billet vert, asphyxiant ainsi tous ceux qui ont emprunté la devise japonaise. Aujourd’hui le marché boursier souffre d’un dysfonctionnement qui ne peut pas durer éternellement : le principe naturel des vases communicants a disparu. Dans un marché sain, quand les actions montent, les obligations baissent, quand les bons du trésor chutent, les matières premières montent, quand l’argent quitte un continent, on le retrouve sur un autre. Mais depuis dix ans on assiste à un phénomène étonnant : tous les secteurs progressent, partout dans le monde. Il y a donc anguille sous roche ! L’explication est simple : un excès de liquidité inédit gonfle tous les secteurs boursiers, y compris l’immobilier et l’art. Cette surliquidité prend sa source au Japon. Depuis des décennies, la banque centrale prête de l’argent gratuitement (c’est-à-dire avec un taux insensé de 0%) au reste du monde. Des milliers de milliards qui sont aussitôt convertis en dollars, en livres sterling,… et investis à tort et à travers dans tous les compartiments boursiers. Les fonds spéculatifs s’en sont donnés à cœur joie pour utiliser au maximum l’effet de levier avec cette manne d’argent bon marché. L’heure de régler les comptes est arrivée. Il va y avoir la cohue au guichet japonais : les montants en jeu sont tout simplement astronomiques ! Cet assèchement de la liquidité mondiale va entraîner une baisse généralisée des actions, des obligations, des devises, de l’immobilier ainsi que de tous les placements spéculatifs. Je suis surpris que les professionnels ne perçoivent pas ou ne veulent pas entendre le grondement annonciateur de ce tsunami financier. D’autant que la Chine ne va pas rester les bras croisés avec ses 1.000 milliards de dollars, dont la valeur risque de s’évaporer.

La faiblesse du dollar devrait peser sur le marché français… Quel objectif avez-vous sur le CAC 40 (PX1) ?

Mostapha Belkhayate : Pour le moment, les opérateurs français sont optimistes. Le CAC se dirige vers son plus haut et cela complétera la “seconde épaule” technique. Et là, danger ! La liquidité va commencer à s’assécher et l’euro montera malgré tous les efforts des autorités européennes. A partir du début de l’été, il serait prudent de prendre ses profits car l’indice parisien pourrait perdre jusqu’à 1.000 points, le ramenant avant la fin de l’année à 4.600 ! Regardez avec objectivité le graphique du CAC 40 (PX1) : il nous prépare un double sommet baissier, un véritable cas d’école de l’analyse technique…

Vous êtes négatif sur les actions, mais les obligations et l’immobilier sont déjà assez chers… Vers quels placements alternatifs pourrait-on se tourner ?

Mostapha Belkhayate : J’en parle déjà depuis cinq ans : le meilleur placement alternatif est l’or. Il va s’envoler pour dépasser ses plus hauts historiques (850 dollars l’once) avant la fin de l’année. Lorsqu’on arrivera au seuil psychologique de 1.000 dollars, on réalisera que le roi des métaux a définitivement retrouvé son statut d’antan. Aucune autre devise au monde ne peut présenter autant de qualités que le métal jaune pour assurer la stabilité monétaire d’un pays. Sa production est limitée, tout le contraire du billet vert qui est imprimé en quantité presque illimitée sans autre garantie que la crédibilité du système financier américain. Depuis 5.000 ans, la seule monnaie d’échange qui a survécu (et qui survivra encore), c’est l’or. Il a été fortement combattu par les autorités financières américaines pour mettre un maximum de dollars dans les réserves de change des banques centrales et diminuer le plus possible leur stock d’or. (Retrouvez l’analyse complète ici). Mais attention : pour allier sécurité et performance, il faut investir dans les lingots d’or physiques. Si vous achetez de l’or papier à la banque et que celle-ci fait faillite, votre investissement est en danger car il fait partie de leur “book” : conservez votre or en dehors des livres de la banque, dans un coffre-fort. Dans quelques années, vous serez heureux d’avoir suivi mon conseil.

Premier au classement du Challenge Investissement Supélec (suite)

Ouf, l’honneur est sauf pour cette journée de reprise à zéro du Challenge Investissement Supélec 2008. J’ai péniblement accumulé des performances positives malgré les frais prohibitifs (0,8% l’aller-retour au comptant et 1,6% au SRD), pour finalement regagner ma place d’hier. Au programme, recherche en temps réel des valeurs en déséquilibre pour profiter de mouvement rapides de cotation. Les volatilités suffisantes n’ont toutefois commencé à se matérialiser qu’en début d’après-midi (merci New York).

Place Place (actifs) Equipe Ecole Performance
1 1 Dailysmic INT 11.6256 %
2 2 UniKA ENSAM 10.1956 %
3 3 Thibault Supélec 7.9277 %
4 4 Wotan Team ENSAM 7.8100 %
5 5 khalid.pôle trading08 ESLSCA 7.6038 %
6 6 AlexG Ecole des Mines de Douai 4.6713 %
7 7 jonathan.horyn Supélec 4.6049 %
8 8 kick Supélec 4.4399 %
9 9 Kentin IPI 4.2167 %
10 10 Mel Ecole Internationale d’Esthétique Elysées-Marbeuf 4.1908 %
11 11 Team_PTSM ENSEA 4.1738 %
12 12 BFG-Dauphine222 Université Paris IX 4.1185 %
13 13 Volodia ENSEA 3.7752 %
14 14 Lord Plusieurs 3.4778 %
15 15 Calinours ISIFC 3.2783 %
16 16 dresder ESIEE 3.2760 %
17 17 ghebscorp ENSAM 3.2532 %
18 18 Kerviel_Mines Ecole des Mines de Douai 3.0408 %
19 19 HLJ-Dauphine222 Université Paris IX 3.0383 %
20 20 Bovespa ESIEE 2.7513 %
21 21 Les Belougas ENS Lyon 2.6778 %
22 22 Rachidservice IPSA 2.6299 %
23 23 chti’mi Ecole des Mines de Douai 2.6004 %
24 24 god & co Ecole Centrale Lyon 2.4756 %
25 25 enseanissa ENSEA 2.4715 %
26 26 Ayou IFIPS 2.4671 %
27 27 AMA-Dauphine222 Université Paris IX 2.2924 %
28 28 ESLSCA poletrading 2008 ESLSCA 2.2893 %
29 29 Hsvi ENSEA 2.2548 %
30 30 alami.mehdi ENSIC 2.1808 %

Premier au classement du Challenge Investissement Supélec

Après deux jours de trading intensif, mon équipe (Erwin Mayer, Youcef Banouni et Samuel Poujet) se hisse fièrement au sommet du classement du Challenge Investissement Supélec 2008. Tandis que le marché chutait de 0,22%, nous réalisons une performance de 37,27%.

Cependant, suite à des problèmes techniques, l’équipe d’organisation a décidé de réinitialiser tout demain ! Je me verrai donc contraint de remettre la main au trade pour maintenir un rang décent. Sachant que je ne serai pas opérationnel la semaine prochaine pour cause de séminaire à la Plagne, le défi est d’autant plus grand. Mais je ne doute pas que mes partenaires sauront poursuivre mon oeuvre.

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Faillites bancaires – 2ème épisode : Carlyle se ramasse sur note2banks.com

Décidemment, je vais commencer une série de billets sur les faillites ou quasi faillites successives du secteur bancaire :

Le fonds Carlyle Capital Corporation (CCC) avait emprunté 32 fois ses fonds propres pour monter un portefeuille de créances immobilières titrisées américaines, qui, malgré une notation AAA, a chuté sur le marché. A Amsterdam, le titre CCC, qui avait été introduit le 4 juillet à 19 dollars, a fondu, hier, de plus de 87,5 %, clôturant à 35 cents. David Rubenstein, le cofondateur de Carlyle, estime avoir tout fait pour soutenir le fonds qui a perdu la mise de ses investisseurs, soit 670 millions de dollars. [….] Désormais, nous examinons tous les moyens pour aider les investisseurs dans CCC qui ont perdu leur mise. Pour la plupart, il s’agissait de grandes banques commerciales.” Les Echos

Il n’y aura pas de puts pour tout le monde !

La suite sur blackstone.com.

Bear Stearns, -93% en un week-end sur fond de dollar vacillant

Terrible sort pour Bear Stearns! Si le cours d’une banque qui ne présentait pas a priori de problèmes peut chuter de 93% en un week-end, on est en droit de remettre en question tout ce qui a précédé. A quoi bon avoir des traders aux profits records lorsque le marché est calme, si c’est pour voir tout s’effondrer aux moindres faiblesses du marché ?

Par ailleurs, il semble bien que la chute du dollar prenne une tournure dramatique ces derniers temps. Dommage que je n’aie pas encore ouvert de compte Forex, je parierais bien sur une chute jusqu’à 1,65$ pour 1€ avec un seuil d’invalidation à 1,52$.

(CercleFinance.com) – JPMorgan Chase & Co. a annoncé ce week-end avoir trouvé un accord en vue de faire l’acquisition de la banque Bear Stearns pour un prix de seulement deux dollars par action.

La transaction s’effectuera par échange d’actions. Aux termes de l’accord, JPMorgan Chase proposer 0,05473 action ordinaire contre une action Bear Stearns.

Sur la base des prix de clôture de vendredi, l’opération valorise chaque action Bear Stearns à approximativement deux dollars, contre un cours de Bourse de 30 dollars vendredi soir.

Au total, le montant de l’acquisition atteint 240 millions de dollars.

‘Cette transaction offrira une excellente valeur à long terme pour les actionnaires de JPMorgan Chase’, souligne Jamie Dimon, PDG de JPMorgan Chase

Le groupe bancaire new-yorkais – coté sur le Dow Jones – souligne que cette acquisition satisfait ses critères clés, invoquant notamment une prise de risque ‘raisonnable’.

JPMorgan Chase va garantir les obligations de Bear Stearns et de l’ensemble de ses filiales. La transaction devrait être close à la fin du second trimestre 2008.

La Réserve Fédérale, le Bureau fédéral en charge des affaires bancaires (OCC) ont d’ores et déjà donné leur feu vert à l’opération.

JPMorgan rappelle qu’en plus du financement que la Réserve Fédérale propose ordinairement par le biais de ses fenêtres d’escompte (‘discount window’), la Fed proposera un financement spécial. L’autorité monétaire a donné son accord pour financer jusqu’à hauteur de 30 milliards de dollars d’actifs de Bear Stearns.

‘La semaine dernière a été une période incroyablement difficile pour Bear Stearns’, indique de son côté Alan Schwartz, le PDG de Bear Stearns.

‘Cette transaction représente le meilleur résultat (…) par rapport aux circonstances actuelles’, ajoute-t-il.

L’action Bear Stearns avait perdu près de 50% de sa valeur lors de la seule séance de vendredi, à la suite de la conclusion d’un accord avec JPMorgan Chase visant à répondre à une demande de financement ‘urgente’.

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Le début de la fin pour les prestigieuses banques d’affaires américaine ?

On avait jusqu’ici peu parlé d’elles. Pourtant, elles brassent une quantité phénoménale des instruments financiers circulant sur la place. Lorsqu’on lit, de la bouche même de du patron du groupe Bear Sterns, Alan Schwartz, pour motiver son recours à la Fed, que face aux rumeurs de marché, “notre situation de trésorerie s’est nettement détériorée ces 24 dernières heures”, on est en droit de s’interroger si ces colosses ne sont pas à la merci du premier vent défavorable venu. Eh quoi ? C’était donc si compliqué d’anticiper une telle situation ? 24h pour une cessation de paiement ! Mais c’est un danger public !

Ma première analyse serait de pointer du doigt les risques pris de manière inconséquentes, et aussi incroyable que cela puisse paraître, de facto soutenus par la FED ! Si dans mon entreprise je sais qu’en cas de petit souci de trésorerie je peux faire marcher la planche à billet, alors pourquoi donc réduirais-je mon exposition aux risques et prendrais-je la peine d’agir raisonnablement ? Je suis favorable à une intervention des banques centrales en cas de crash imminent, pour autant, ne pourrait-on pas assortir ces véritables sauvetages de sanctions pécuniaires fortes et d’obligations de restructuration ? En l’état actuel des choses, à la place de ces dirigeants de grosses institutions financières, je ne vois pas pourquoi je devrais m’inquiéter : 1. si les risques deviennent finalement réalité ce n’est pas moi personnellement qui trinque, je peux partir avec mes bonus des années de vaches grasses, et 2. si la solvabilité de la banque est en danger, je peux toujours compter sur mes amis de la FED qui ont trop peur que ma faillite déclenche une crise systémique. Ce n’est pas le capitalisme qui est fou, mais la politique monétaire. On ne peut pas cacher éternellement que le roi est nu.

23:51 | 14/03/2008 | Reuters

La Réserve fédérale des Etats-Unis, prenant une mesure d’urgence inédite semble-t-il depuis la Dépression des années 30, s’est portée vendredi au secours de la banque d’affaires Bear Stearns à cours de liquidités alors que s’intensifie la crise financière mondiale.

Lors d’une réunion convoquée à la hâte vendredi matin, le conseil des gouverneurs de la banque centrale américaine a décidé de fournir un financement d’urgence à 28 jours à Bear Stearns. L’établissement ne pouvant emprunter directement au guichet d’escompte de la Fed parce qu’il n’est pas une banque de dépôt, c’est la banque JP Morgan qui empruntera à la Fed pour son compte.

A la différence de Citigroup et d’autres banques, JP Morgan a réussi à limiter les dégâts causés par la crise du crédit. En outre, en tant qu’acteur important sur les marchés de la dette et des produits dérivés, JP Morgan aurait beaucoup à perdre si Bear Stearns ne pouvait honorer ses obligations.

Commentant sa décision, la Fed a déclaré dans un communiqué qu’elle était prête “à fournir des liquidités si nécessaire pour promouvoir le bon fonctionnement du système financier”.

Il s’agit de la troisième annonce surprise de la Fed au cours des huit derniers jours dans le but de consolider des marchés financiers fragilisés par la crise du crédit et l’assèchement des liquidités qui a résulté de l’effondrement des crédits immobiliers à risque dit subprimes.

Le montant définitif de l’effort consenti par la Fed n’est pas connu. Tout dépendra de la capacité de la banque d’affaires à pouvoir offrir des garanties pour ses emprunts, dit-on à la Fed où l’on précise que c’est Bear Stearns qui a appelé la Fed.

SITUATION DÉTÉRIORÉE, L’ACTION DÉGRINGOLE

La plus petite des grandes maisons de Wall Street est dernière est plus exposée que ses concurrentes au marché obligataire et a beaucoup de titres adossés à des prêts immobiliers.

Il y a deux jours, elle avait démenti les rumeurs de marché qui la disaient à cours de trésorerie. Le ton a changé vendredi, le patron du groupe Alan Schwartz expliquant, pour motiver son recours à la Fed, que face aux rumeurs de marché, “notre situation de trésorerie s’est nettement détériorée ces 24 dernières heures”.

“Nous avons pris cette décision importante pour restaurer la confiance du marché, renforcer notre trésorerie et nous permettre de poursuivre normalement nos activités”, a-t-il dit.

Mercredi, il avait indiqué que la banque disposait de 17 milliards de cash, soit à peu près autant qu’à la fin février.

“Au rythme ou les choses allaient, nous avons pensé qu’il aurait pu se faire que les demandes de liquidités soient supérieures à nos ressources”, a indiqué Schwartz.

Selon une source proche du dossier, sans l’intervention de la Fed, Bear Stearns n’aurait pas eu assez d’argent pour ouvrir boutique vendredi.

L’action Bear Stearns a fini en repli de près de 46% à 30,85 dollars à la Bourse de New York, entraînant dans son sillage les autres grandes banques et les sociétés financières.

JPMorgan a pour sa part précisé qu’elle ne pensait pas que son rôle d’intermédiaire n’exposerait pas ses actionnaires à un risque important. La banque a limité sa baisse à un peu plus de 4% vendredi à Wall Street.

LEHMAN BROTHERS SUR LA SELLETTE

La Securities and Exchange Commission (SEC), le gendarme boursier américain, a dit de son côté avoir été en étroit contact avec le Département américain du Trésor et la Réserve fédérale durant les discussions concernant le plan d’aide.

La réputation de Bear Stearns comme trader avisé avait déjà été mise à mal l’été dernier avec l’effondrement de deux fonds spéculatifs investis dans les crédits immobiliers.

“Cela suscite de sérieuses inquiétudes concernant d’autres banques. (Bear Stearns) n’est pas une petite banque, elle était le deuxième émetteur de crédits hypothécaires l’année dernière”, estime Michael Klawitter, stratège devises chez Dresdner Kleinwort, à Francfort.

Certains craignent que Lehman Brothers ne prenne le même chemin. Son cours a dévissé de 14,6% vendredi.

Certains s’interrogent sur l’avenir même de Bear Stearns. “Avec cette réaction du marché, je dirais qu’en leur plantant une fourchette dessus, ils sont finis”, estime ainsi James Ellman, gérant de fonds chez Seacliff Capital, un hedge fund établi à San Francisco.

“Le groupe doit clairement choisir entre des solutions désagréables: vendre une grande quantité de titres, vendre tout simplement le groupe ou céder des actifs pour tenir et espérer que tout ira pour le mieux”, ajoute-t-il.

A la Fed, on précise que l’extension des lignes de crédits à des établissements qui ne sont pas des banques de dépôts remonte aux années 30, que la banque centrale avait autorisé dans les années 60 des prêts à de tels établissements mais que cette possibilité n’avait pas été utilisée à l’époque.

Version française Marc Angrand, Stanislas Dembinski et Danielle Rouquié

La Fed se porte au secours de la banque Bear Stearns

Nouveautés sur l’imposition des revenus de capitaux mobiliers 2007

Quelques nouvelles de notre chère (on se comprend) fiscalité française des revenus de capitaux mobiliers :

Les dividendes encaissés à compter du 1er janvier 2008 pourront désormais faire l’objet d’un prélèvement libératoire au taux de 18% (soit 29% avec les prélèvements sociaux). En pratique, cette possibilité ne devrait intéresser que les contribuables les plus fortement imposés recevant un montant élevé de dividendes dans l’année. A noter : même si le prélèvement libératoire n’est pas choisi (les dividendes sont alors à inclure dans la déclaration annuelle), les prélèvements sociaux s’appliquent désormais à la source (les sociétés et banques verseront des dividendes nets). Plus nombreux, en revanche, sont les contribuables concernés par l’impôt sur les plus-values de cession de valeurs mobilières dont le taux est alourdi à 18% (soit 29% avec les prélèvements sociaux). Pour adoucir cette hausse d’impôt, le seuil de cession au-delà duquel les plus-values deviennent taxables est relevé à 25.000 euros : tant que le total de vos ventes de valeurs mobilières (actions, obligations, fonds et sicav…) ne dépasse pas 25.000 euros dans l’année, vous n’avez aucune taxe à payer. Enfin, les autres produits d’épargne concernés par le prélèvement libératoire à 16% voient aussi le taux augmenté à 18 % (obligations, titres du Trésor, comptes sur livrets bancaires, etc.). A noter que pour les produits d’épargne solidaire automatiquement reversés à des organismes d’intérêt général, le taux du prélèvement libératoire est de 5% au lieu de 18% (soit 16% avec les prélèvements sociaux).

Bebo devient AOL

 Et hop, j’en connais qui vont être contents.

Numerama.com | AOL rachète Bebo La rédaction, le Jeudi 13 Mars 2008 à 17h56

Nous avons évoqué le mois dernier le rachat de Bebo, pour un milliard de dollars. Les indications disponibles alors ne nous permettaient pas de définir l’identité de l’acquéreur. Ce n’est qu’aujourd’hui qu’on connaît son visage. Il s’agit d’AOL, filiale de Time Warner. Le portail communautaire n’a pas été racheté pour un milliard de dollars mais pour un peu moins que cela : 850 millions. Il entre en parfaite cohérence avec la stratégie d’expansion d’AOL, et devrait donc être intrinsèquement lié avec son célèbre logiciel de messagerie AIM.

La question est maintenant de savoir si Bebo gardera son entité propre, ou si il ne finira pas complètement digéré dans les machineries d’AOL car c’est ce qui est plus ou moins arrivé à ICQ. Pendant qu’AOL, qui l’a racheté, se concentrait sur le développement d’AIM, ICQ s’est vu peu à peu distancer par MSN ou Skype. Reste que Bebo profite d’une forte popularité au Royaume-Uni, et Irlande et en Nouvelle Zélande, et AOL ne devrait pas avoir trop de mal à l’entretenir, quitte à ce que cela soit fait au service de son petit protégé AIM.

La dérive des nouveaux produits financiers ?

Je suis toujours émerveillé des perles que l’on peut retrouver dans les archives. Ici, dans son Édition imprimée — juillet 1994 — Pages 20 et 21, Le Monde diplomatique revient sur l’émergence inquiétante des produits dérivés. Aujourd’hui, que dire, sinon que le marché n’a pas vraiment faibli, et que le “risque systémique” semble subir une purge plutôt que de sonner le glas des dérivés. Dans le même registre, on lira avec plaisir les archives des journaux économiques juste avant l’éclatement de la bulle Internet en 2000. (more…)

Il est difficile de devenir riche en travaillant dans la finance ? Le bon créneau : les pays en développement

LE MONDE | 07.03.08 | 16h18

Warren Buffet est rassurant pour l’industrie de la finance. Le sage d’Omaha (Nebraska) a été consacré l’homme le plus riche du monde par le magazine Forbes, devant Bill Gates, le fondateur de Microsoft. M. Buffet doit sa fortune aux investissements de Berkshire Hathaway, au départ une entreprise spécialisée dans le textile, qui est vite devenue un fonds d’investissement.

Le talent de M. Buffet pour déceler les bonnes affaires et éviter les mauvaises est légendaire. Peu d’investisseurs peuvent rivaliser avec lui dans ce domaine sur la liste dressée par Forbes. Seules huit des cent personnalités les plus riches du monde ont fait fortune dans la finance. Et seules trois d’entre elles – Carl Icahn (46e), Petr Kellner (91e) et George Soros (97e) – peuvent se prévaloir d’une perspicacité “à la Buffet”.

De fait, pour gagner beaucoup d’argent en ce moment, le mieux est de se bâtir un empire dans un pays pauvre. Quinze des vingt personnalités les plus riches du classement de Forbes – et 42 parmi les cent premières – ont suivi ce modèle. C’est le cas du roi des télécommunications, le Mexicain Carlos Slim (2e) ou d’Abdul Aziz Al -Ghurair (100e), le banquier des Emirats arabes unis – ce pays était en développement quand cet homme d’affaires a commencé sa carrière.

Cet état des lieux fait sens. Il y a traditionnellement peu de concurrents dans les pays pauvres, où il est donc plus facile de dégager de gros profits. Les connexions avec les réseaux politiques semblent aussi rapporter plus dans les pays en développement.

Les marchés financiers, eux, sont à l’autre extrémité du spectre. Ils sont très concurrentiels, ouverts à tous et plutôt transparents, conformément aux standards des pays riches. Nombre d’entre eux sont des jeux à somme nulle, où les gains sont compensés par des pertes. Voilà pourquoi les multimilliardaires issus de ce monde sont si rares.

La Kerviel attitude fait des émules dans l’industrie pétrolière

Du pétrole, toujours du pétrole.

On apprend ce matin que la compagnie pétrolière, fleuron de l’industrie tricolore, longtemps enviée pour son mirifique bénéfice de 13 Milliards d’Euros, fera cette année un résultat net de 1 euro.Cette perte de 13 Milliards est due aux prises de position frauduleuses d’un ingénieur du groupe, agissant seul et au delà du pouvoir d’engagement qui était normalement le sien. Chaque nuit, depuis 6 mois, il interceptait deux super tankers de brut à leur départ du champs de Moho – Bilondo, riche producteur du Golfe de Guinée, tout en surveillant la dérivation du pipe line Russie-Europe qu’il avait installé pendant ses RTT et la dizaine de têtes de puits sous-marines clandestines posées pendant ses congés d’été. Trompant la supervision active de ses supérieurs, et sans que ceux-ci aient le moindre doute, il transférait 550000 barils de brut quotidiennement dans la citerne de sa maison de banlieue, adroitement camouflée sous le jardin. Conduisant seul ses camions citernes, il n’avait jusque là pas éveillé le moindre soupçon en garant les 550 semi-remorques dans l’étroit espace sis devant sa maison.

A l’insu de son management, il écoulait les cargaisons de brut sur le marché gris, en dehors des plates-formes de trading gré à gré londoniennes, sous une fausse identité, engrangeant les profits dans un compte anonyme à Zurich.

Cet ingénieur, ancien stagiaire de l’entreprise dans une station service du périphérique parisien, a mis à profit sa connaissance approfondie des procédés de comptage des pompes pour tromper les procédures de contrôle extrêmement pointues mises en place pour éviter de telles actions.

La direction de Total affirme qu’elle n’a appris la fraude qu’au dernier moment, et que l’employé indélicat ne s’est à aucun moment personnellement enrichi aux dépens du groupe. La famille de l’ingénieur le décrit d’ailleurs comme un individu fragile et sans histoire qui avait du mal à payer le plein de kérosène de son Falcon 900. Les ressources humaines l’évaluaient comme un individu sans ambition ni génie particulier. Son gestionnaire de carrière évoque un personnage sans relief, incapable de la moindre initiative.

Le PDG rassure les actionnaires en leur signalant que, malgré ces pertes abyssales, le Groupe ressort de cette affaire renforcé, et que les réserves stratégiques de pétrole restent au plus haut. Pour le dirigeant, rien de grave dans une affaire somme toute, complètement sous contrôle et très saine. Le dividende de cette année restera donc stable, tout en accompagnant une augmentation du prix du litre de super encore indéterminée, permettant des économies de carburant favorables à l’environnement.

La revente, ce week-end de plus de 1.2 Milliards de barils a causé un impact considérable sur le marché international des hydrocarbures, accentuant par là même, dans un effet de levier immédiat, la baisse du prix du baril. Le gouvernement français assure que Total n’est pas responsable de la chute immédiate du prix à la pompe pour compenser ce redressement pharaonique.

Selon le ministère de l’Intérieur, la fraude a été découverte lors d’un contrôle de routine sur l’autoroute, lorsqu’un paysan du Quercy a été intercepté avec un jerrycan de fuel provenant d’une cargaison douteuse. Cette anomalie n’a pas échappé aux limiers de la brigade financière, qui interrogent actuellement le suspect. Il a reconnu les faits, et signale que l’ensemble de l’argent issu des transactions est certes parti en fumée, mais qu’il n’y a là aucune malversation, “de nombreux milliards de barils restant à découvrir”. Des rumeurs de rachat de Total par le groupe alimentaire allemand Lidl parcourent actuellement les places financières.

Le PDG du groupe à renoncé à son salaire des dix prochaines années, en expliquant notamment que ses 150 millions d’euros de prime de fin d’année suffiront à lui maintenir un niveau de vie proche de celui du public. La perte financière, représentant quant à elle, 10 825 000 années de SMIC, signifie qu’il sera nécessaire de réévaluer les processus de retraites et justifie un plan d’austérité sans précédent. Le milieu pétrolier se dit profondément désolé de cette perte de pétrole et jure qu’on ne l’y reprendra pas.

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