Spinach, iron & Popeye

I just finished reading this very interesting paper, published in the Internet Journal of Criminology, by Dr Mike Sutton, who shows that even the most zealous urban myth busters may themselves end up committing the very crimes they are fighting against…
Bon appétit! A copy is available here if the original link is down.

Disclaimer: I have not verified Sutton’s sources…

Le TARP, version 33 A.D.

Dans le Livre VI de ses Annales, Tacite nous rapporte cette “anecdote” de l’an 33, du temps de l’Empereur romain Tibère (et l’année de la mort d’un certain Jésus), qui ne manquera pas de nous délecter, tant elle rappelle l’intervention de l’Etat américain fin 2008 via son Troubled Asset Relief Program.

Affaires intérieures 33 ap. J.-C. (6,15-27) – Traduction Jean-Louis Burnouf, 1859 Répression de l’usure (VI,16-17)

16. Cependant une légion d’accusateurs se déchaîna contre ceux qui s’enrichissaient par l’usure, au mépris d’une loi du dictateur César sur la proportion des créances et des possessions en Italie , loi depuis longtemps mise en oubli par l’intérêt particulier, auquel le bien public est toujours sacrifié. L’usure fut de tout temps le fléau de cette ville, et une cause sans cesse renaissante de discordes et de séditions. Aussi, même dans des siècles où les mœurs étaient moins corrompues, on s’occupa de la combattre. Les Douze Tables réduisirent d’abord à un pour cent l’intérêt, qui, auparavant, n’avait de bornes que la cupidité des riches. Ensuite un tribun le fit encore diminuer de moitié ; enfin on défendit tout prêt à usure, et de nombreux plébiscites furent rendus pour prévenir les fraudes de l’avarice, qui, tant de fois réprimées, se reproduisaient avec une merveilleuse adresse. Le préteur Gracchus, devant qui se faisaient les poursuites dont nous parlons ici, fut effrayé du grand nombre des accusés et consulta le sénat. Les sénateurs alarmés (car pas un ne se sentait irréprochable) demandèrent grâce au prince. Leur prière fut entendue, et dix-huit mois furent donnés à chacun pour régler ses affaires domestiques comme la loi l’exigeait.

17. Des remboursements qui remuaient à la fois toutes les dettes, et la perte des biens de tant de condamnés, qui accumulait dans le fisc ou dans l’épargne les espèces monnayées, rendirent l’argent rare. Ajoutez un décret du sénat qui enjoignait aux prêteurs de placer en biens-fonds situés dans l’Italie les deux tiers de leurs créances. Or ceux-ci les exigeaient en entier ; et les débiteurs, requis de payer, ne pouvaient sans honte rester au-dessous de leurs engagements. En vain ils courent, ils sollicitent ; le tribunal du préteur retentit bientôt de demandes. Les ventes et les achats, où l’on avait cru trouver un remède, augmentèrent le mal. Plus d’emprunts possibles ; les riches serraient leur argent pour acheter des terres. La multitude des ventes en fit tomber le prix ; et plus on était obéré, plus on avait de peine à trouver des acheteurs. Beaucoup de fortunes étaient renversées, et la perte des biens entraînait celle du rang et de la réputation. Enfin Tibère soulagea cette détresse en faisant un fonds de cent millions de sesterces, sur lesquels l’État prêtait sans intérêt, pendant trois ans, à condition que le débiteur donnerait une caution en biens-fonds du double de la somme empruntée. Ainsi l’on vit renaître le crédit, et peu à peu les particuliers même prêtèrent. Quant aux achats de biens, on ne s’en tint pas à la rigueur du sénatus-consulte ; et c’est le sort de toutes les réformes, sévères au commencement, à la fin négligées.

100 millions de sesterces, cela représentait 19 483 561 F du temps de Burnouf (confirmé par le Littré). En 1890, la valeur à parité de pouvoir d’achat était selon plusieurs sources concordantes de 3,30 euros pour un franc. Sachant que le franc germinal, bimétallique de l’Union latine (précurseure de l’UEM, établie le 23 décembre 1865 lors de la Convention de Paris comme “Prélude aux fédérations pacifiques du futur”, selon les terme de Félix Esquirou de Parieu) venait de s’affaiblir suite à la découverte d’importants gisements d’argents (en Alaska notamment), on peut raisonnablement estimer que trente ans auparavant, la valeur p.p.a. du franc était de 4 euros pour un franc. Les 100 millions de sesterces représentent donc l’équivalent de 75 millions d’euros actuels (en extrapolant les chiffres donnés par Robert Etienne dans La vie quotidienne à Pompéi (Hachette, 1966), on aboutit à une estimation similaire, à quelques millions d’euros près).

Si l’on suppose que cette crise était surtout circonscrite aux populations d’Italie, lesquelles représentaient probablement 10% d’un Empire de 50 millions d’habitants, cela fait 15€ par habitant, ou 60 sesterces, le salaire mensuel d’un instituteur romain.
De l’autre côté de l’Atlantique, 750 milliards de dollars mis sur la table, ce sont $2500 par habitant, là aussi l’équivalent du salaire mensuel d’un jeune professeur en école élémentaire publique

Moins d’un siècle après la fin de règne de Tibère, l’Empire romain connaîtra son apogée avec Trajan. Les Etats-Unis seraient-ils seulement à l’aube de leur âge d’or ?

Happy birthday, Farmers Group, Inc.

As I was trying to figure out the exact cut-off times for submitting exercise notice on options, be it early or at expiration date, I stumbled on an interesting case of profitable wildcard option exercise on Farmers Group, Inc. some 22 years ago.

On Friday, the 17th of June 1988, holders of OTM put option contracts on this stock (OTM at the closing time of regular trading hours, which by then was 3:00 PM on PHLX), submitted an exercise notice at 6:00 PM, therefore bypassing the exchange cut-off time of 4:30 PM (still in effect today) but not OCC‘s of 7:00 PM (has not changed either since then though technically 6:30 PM is a safe limit, according to an OIC expert I talked to, who also mentionned that nowadays nobody can exercise after 4:30 PM on expiration Friday).
Why? Because at 6:00 PM, this very Friday, the California Insurance Department barred a takeover of Farmers Group, Inc, which caused a substantial decline in the value of the stock and changed the moneyness of formerly worthless put options.

As of 2010, exercising an officially OTM option at expiration is still possible, though the OCC no longer accepts exercise notices after 4:30 PM. If a broker imposes an earlier cut-off time, he would benefit from exercising OTM options abandoned by its customer (who no longer can decide to exercise), should the market conditions make it worthwhile. Yet they would not need to pay this profit back to their customer since the official closing price was OTM… This is not very ethical for the customer (if the latter is not allowed to submit exercise notice after 3:30 PM for example), but it would be a waste of free money not to do it.

I wonder to which extent brokers are aware of this opportunity, whether it is a common practice, and how much they can really make out of it…

Then, when we talk about early exercise of cash-settled index options, like OEX, it is possible to exercise at the closing price (determined at 3:00 PM) until 3:20 PM CST the same day, according to CBOE’s Rule 11.1, .03:

Clearing Members must follow the procedures of the Clearing Corporation when exercising American-style cash-settled index option contracts issued or to be issued in any account at the Clearing Corporation. Members must also follow the procedures set forth below with respect to American-style cash-settled index options: (a) For all contracts exercised by the member or by any customer of the member, an “Exercise Advice” must be delivered by the member in such form or manner prescribed by the Exchange to a place designated by the Exchange no later than 3:20 p.m. (CT), or if trading hours are extended or modified in the applicable option class, no later than five (5) minutes after the close of trading on that day.

According to the OIC, it is normally not possible for an OCC member to bypass the exchange’s cut-off time, though I wonder whether it can be tolerated (like in the case of Farmers Group, Inc.)…

For physically-settled options, the only closing price that matters is the one on expiration Friday. If you exercise early, you immediately become long (or short) of securities; if you want to close your position right away you will have to use the after hours fair trading price, not the artificial and outdated closing price.

On cash-settled options however, an arbitrage strategy could consist in buying a call, selling the underlying to delta-hedge, and wait for a big downward move to occur after close and before 3:20 PM. This would allow you to exercise the call at an artificially high price, buy back the underlying at a low price, and therefore book a free profit. The reverse applies when being long a put and the underlying.
If there is no big move (and there usually isn’t any), you are good to unwind your delta-hedged position, hoping the implied volatility of the option will not have made your lose some money (and it is more likely to go down than to go up, since there has been no sudden move on the underlying), in the case you would not have hedged your vega.

Note: All referenced times are CST.

L’avenir de la zone euro : une erreur du passé, selon Charles Gave

Cette conférence clairvoyante de lucidité, donnée à l’ENS en décembre 2009, laisse augurer de sombres jours pour l’Union européenne. La seule alternative plausible à l’effective mise sous tutelle du Vieux Continent par l’Allemagne, telle qu’attendue par Charles Gave, serait la sortie pure et simple de la zone euro ; permise par les reliquats de nationalisme présent dans chaque pays et les fausses croyances que la suppression du symptôme guérira le mal sous-jacent (le keynésianisme).

Lorsqu’une force extranationale est perçue comme responsable de la paupérisation d’un peuple qui s’estimait jusqu’alors libre, les plus mauvaises tendances de l’homme on tendance à se réveiller…
Frustration, planche à billet, hyperinflation, élection, et après ?
Il semblerait qu’une période prospère s’achève bientôt, et que nous allons devoir faire face aux turbulences qui accompagnent toujours la mise en place d’un nouvel ordre mondial.

Stay hungry, Stay foolish!

I would like to share with you this very insightful commencement address that Steve Jobs, CEO of Apple Computers and Pixar Animation Studio delivered for the Stanford Graduation Ceremony, on June 12, 2005. Stay inspired.

The original text can be found here and a French translation there.

La Fondation Erwin Mayer est maintenant sur Facebook

Retrouvez dès à présent La Fondation Erwin Mayer sur Facebook !

La bancassurance, un pas de trop vers le précipice ?

Je vous conseille la lecture de cet article très intéressant d’Alain Trannoy qui met en exergue en quoi la fonction relativement récente des banques, converties en assureurs de crédits, pose problème par rapport aux mécanismes d’assurance classique. Ou comment appliquer des solutions d’un domaine à un autre domaine sans prendre en considération les hypothèses sous-jacentes (ça me fait penser à toutes ces chaînes de Markov et autres modèles probabilistes dont on oublie trop souvent les assumptions).

Pourquoi si vite, si fort, si simultané ? Pourquoi cette propagation aux banques européennes ? Cette question intrigue tout un chacun à propos de la très sévère crise de confiance qui touche les banques occidentales. Si toutes ne meurent pas, toutes semblent atteintes, malades en effet, de s’être lancées dans un métier, l’assurance, qui présente des écueils spécifiques. Faute d’être parvenus à les maîtriser, les instruments d’intermédiation financière ont provoqué une panne des échanges sur le marché interbancaire, typique d’une défaillance de marché provoquée par une asymétrie d’information généralisée entre tous les acteurs du système…

La bourse : une affaire rentable ?

Gunther Capelle-Blancard et David le Bris publient sur Télos un article intéressant sur les performances d’un CAC40 reconstitué depuis 1854. Etait-il rentable de suivre passivement le marché ces 154 dernières années ? La réponse est mitigée, vu les inégalités de performance en fonction des périodes. Mais l’on apprend aussi que les placements alternatifs (bons du trésor, or) auraient tout juste permis de compenser l’inflation.

Il semble donc qu’une approche active soit à préconiser pour superformer le marché, en particulier en tirant profit de la volatilité de marchés plus prédictifs comme l’immobilier ou en s’impliquant dans les choix stratégiques des entités recevant les investissements. La Fondation Erwin Mayer publiera une étude sur ses performances d’ici 5 ans. Au programme : créations, participations, fusions & acquisitions d’entreprises pour le plus grand bonheur de la création de valeur et de la croissance.

Telos – 19 Juin 2008
Le CAC 40 a vingt ans. Coté pour la première fois le 15 juin 1988 (avec une valeur de base de 1 000 points au 31 décembre 1987), cet indice depuis a été multiplié par 5, soit une progression moyenne de 8 % par an. Si les dividendes avaient été systématiquement réinvestis, la rentabilité totale aurait été de 11,5 % par an. Alors que les douze derniers mois ont été catastrophiques, une telle rentabilité est plutôt d’ordre à rassurer les investisseurs. À condition bien sûr que le futur soit à l’image du passé…

Les économistes considèrent généralement que pour avoir des estimations robustes, il faut disposer de séries suffisamment longues pour s’affranchir des heurts conjoncturels. David Le Bris a reconstruit l’indice CAC 40 depuis 1854 à partir des archives boursières. Les règles adoptées sont le plus proche possible de celles utilisées aujourd’hui par Euronext. Ce travail permet d’éclairer sous un jour nouveau le débat sur les performances de la Bourse de Paris. Ainsi, un portefeuille de 100 investi en 1854 vaudrait aujourd’hui 5 000. En supposant que les dividendes aient été systématiquement réinvestis, ce portefeuille vaudrait 1,8 millions, soit une progression annuelle moyenne de 6,5 %.

De cette performance nominale doit être déduite une inflation de 5,5 %, limitant à 1 % par an la rentabilité réelle. Il convient toutefois de distinguer deux régimes de croissance. Avant 1914 et depuis 1983, les prix sont stables : les actions offrent une rentabilité réelle totale de 5,5 % sur la première période et de 11 % sur la seconde. En revanche, entre 1914 et 1983, avec une inflation moyenne de 11 %, la performance réelle des actions est de –5 % : les périodes de forte inflation qui suivent chaque guerre mondiale ont laminé les actionnaires.

Quels enseignements pouvons-nous en tirer en ce qui concerne l’évolution future du CAC 40 ? La politique monétaire est aujourd’hui conduite de mains de fer par la BCE et l’inflation semble maîtrisée. On peut donc raisonnablement espérer une performance réelle moyenne au dessus de 5 %. Tabler sur une performance de 11% ? Pourquoi pas, mais c’est très optimiste tant ces vingt dernières années font figures d’exception.

Et qu’en est-il des autres placements ? Sur la période 1854-2008, les emprunts d’Etat offrent (coupons réinvestis) une rentabilité réelle à peine positive. Quant à l’or, il est performant dans les périodes difficiles mais maintient juste le pouvoir d’achat sur la durée. Ce qui est donc certain, c’est que les actions constituent le placement le plus rémunérateur à long terme. Au prix bien sûr d’une forte volatilité.

L’histoire de la Bourse est ponctuée de crises. La première, en 1857, vient (déjà !) des Etats-Unis qui profitent de la guerre de Crimée pour substituer leur blé aux exportations ukrainiennes et importent en masse les biens manufacturés européens. Mais le retour des blés d’Odessa provoque la chute des revenus agricoles américains, la faillite des importateurs puis de leurs banquiers avant de frapper l’Europe. Comme quoi, la mondialisation financière ne date pas d’hier… Le niveau de 1857 est dépassé dès 1879, à l’occasion de la forte vague haussière qui s’interrompt avec le krach de janvier 1882. C’est la faillite de la fameuse Union Générale qui restera dans la postérité grâce au roman qu’elle inspire à Zola, L’Argent. Il faut ensuite attendre 1926, soit 44 ans, pour que le record de 1882 soit enfoncé, mais l’embellie sera de courte durée. En 1929, la France ne connaît pas de krach mais une longue dépression ponctuée notamment par la faillite de la Banque Nationale de Crédit. Se pose alors l’éternel dilemme : « pour sauver les innocents, il faut sauver les coupables » ! La Bourse de Paris ne rebondit ensuite qu’avec la Seconde Guerre mondiale, portée à la hausse par la fermeture des frontières et l’immense émission de monnaie pour payer les frais de l’armée d’occupation. Dans ce contexte, tout ce qui ressemble à une valeur réelle est recherché : les actions comme l’or, les timbres poste ou l’immobilier. Mais la croissance est de courte durée : la Bourse s’enfonce avec le marasme économique de l’immédiat après guerre.

Les nationalisations de la Libération (un tiers des quarante premières capitalisations de 1939 est nationalisé) réduisent nettement la diversification de l’indice et les valeurs pétrolières jouent alors les premiers rôles. Filiale française de la Standard-Oil, Esso, qui est alors la cinquième capitalisation, voit son cours multiplié par dix en 1954 suite à la découverte de pétrole dans les Landes. Le Sud-Ouest ne deviendra pas le Texas français mais c’est l’ensemble de la cote parisienne qui rebondit. Et on est déjà au-delà des 1 000 points ! On entre ensuite dans une longue période de baisse, jusqu’en 1981 où les actions chutent de 30 % avec l’élection de François Mitterrand. Les nationalisations ramènent en janvier 1983 le ratio capitalisation boursière du CAC 40 sur PIB à 2 %, contre plus de 20 % en 1914 et même 36 % lors du sommet de 1882. Avec les dénationalisations récentes et la forte hausse des actions depuis 25 ans, à peine heurtée par le krach d’octobre 1987, ce ratio est aujourd’hui de près de 60 % (avec un pic au-delà de 75 % en 2000).

Il a donc fallu une quarantaine d’années à l’indice boursier parisien pour franchir le niveau de 1882 et une trentaine d’années pour dépasser celui de 1961. Alors, combien de temps le record du CAC 40 de 6 922 points du 4 septembre 2000 tiendra-t-il ?

Gordon Moore: The Accidental Entrepreneur

Je viens de lire un article autobiographique de Gordon Moore publié sur le site officiel de la Nobel Prize Foundation, particulièrement intéressant quant aux enseignements de cette fabuleuse épopée à Fairchild et Intel :

J’ai relevé ces conseils hautement profitables pour toute start-up ambitieuse :

  • Constituer une équipe de personnes talentueuses capable d’innovations.
  • Penser “produit” dès le départ : qu’est-ce qui au final va bien pouvoir parvenir au consommateur ?
  • Mettre en place une organisation complète (R&D, fabrication, vente) dès que les premiers prototypes sont fonctionnels, en maintenant un lien fort entre les trois départements.
  • Anticiper les conséquences à moyen terme de l’emprise potentielle des investisseurs sur le core business et la vision de l’entreprise.
  • Lier les personnes clefs à l’entreprise pour ne pas risquer de les voir partir en emportant avec eux une part significative de la valeur ajoutée de l’entreprise.
  • Fonder son avantage concurrentiel sur des technologies suffisamment complexes pour laisser le temps à l’entreprise de grandir avant que les concurrents ne la copient ou ne la retrouve. A défaut de savoir à l’avance si le succès sera au rendez-vous, travailler sur un portefeuille de technologies, et les évaluer régulièrement pour déterminer lesquelles méritent une focalisation des ressources.
  • Mettre en place des réunions en face à face avec chacun des employés, durant lesquelles ce sont ces derniers qui déterminent l’ordre du jour et font avancer l’entretien.

Et ces passages que je préfère laisser verbatim.

From the beginning at Intel, we planned on being big. Since we had already been fairly successful at Fairchild, anything less successful in our new venture would have been a disappointment. So, at the very beginning we recruited a staff that had high potential and that we thought would be around to run the company for some time. This is an opportunity that many start-ups miss. There is no better chance to train managers than in a start-up, where they have the opportunity to see the entire company as it grows. It starts small and simple; one can see all the operations as they get bigger. I think that people looking at start-ups, venture capitalists in particular, ought to push very strongly not to squander the opportunity to develop management during that time period.

(…)

Another thing we had learned along the way was to raise money before we needed it. One thing you find out after a little bit of experience as an entrepreneur is that the bank will lend you money as long as you don’t need it. You can sell stock as long as you really don’t have to. With good advice from directors such as Arthur Rock, we have always had plenty of capital on hand, so that we haven’t been hindered in our ability to raise more.

Vous trouverez l’article au complet sur le site de la Nobel Prize Foundation, ainsi qu’une interview de Gordon Moore datant de quelques jours sur le toujours très excellent Spectrum.

The underestimated responsibility of rating agencies in the subprime mortgage crisis

I have just finished to read an excellent article from NYT about the subprime crisis, which underlines the intricacy of the relationships between rating agencies like Moody’s or S&P, and investment banks. It really looks like they played a very funny game together, and now the game is over. It will be hard however to tell who is the looser, since no value was created nor destroyed. Here are the best parts, but I strongly advise you to read the article entirely, to be able to negociate your next loan with a better advantage:

In 1996, Thomas Friedman, the New York Times columnist, remarked on “The NewsHour With Jim Lehrer” that there were two superpowers in the world — the United States and Moody’s bond-rating service — and it was sometimes unclear which was more powerful.

(…)

In the frenetic, deal-happy climate of 2006, the Moody’s analyst had only a single day to process the credit data from the bank. The analyst wasn’t evaluating the mortgages but, rather, the bonds issued by the investment vehicle created to house them. A so-called special-purpose vehicle — a ghost corporation with no people or furniture and no assets either until the deal was struck — would purchase the mortgages. Thereafter, monthly payments from the homeowners would go to the S.P.V. The S.P.V. would finance itself by selling bonds. The question for Moody’s was whether the inflow of mortgage checks would cover the outgoing payments to bondholders. From the investment bank’s point of view, the key to the deal was obtaining a triple-A rating — without which the deal wouldn’t be profitable. That a vehicle backed by subprime mortgages could borrow at triple-A rates seems like a trick of finance. “People say, ‘How can you create triple-A out of B-rated paper?’ ” notes Arturo Cifuentes, a former Moody’s credit analyst who now designs credit instruments. It may seem like a scam, but it’s not.

(…)

Structured finance, of which this deal is typical, is both clever and useful; in the housing industry it has greatly expanded the pool of credit. But in extreme conditions, it can fail.

(…)

The challenge to investment banks is to design securities that just meet the rating agencies’ tests. Risky mortgages serve their purpose; since the interest rate on them is higher, more money comes into the pool and is available for paying bond interest. But if the mortgages are too risky, Moody’s will object. Banks are adroit at working the system, and pools like Subprime XYZ are intentionally designed to include a layer of Baa bonds, or those just over the border. “Every agency has a model available to bankers that allows them to run the numbers until they get something they like and send it in for a rating,” a former Moody’s expert in securitization says. In other words, banks were gaming the system; according to Chris Flanagan, the subprime analyst at JPMorgan, “Gaming is the whole thing.”

(…)

Mason, of Drexel University, compared default rates for corporate bonds rated Baa with those of similarly rated collateralized debt obligations until 2005 (before the bubble burst). Mason found that the C.D.O.’s defaulted eight times as often. One interpretation of the data is that Moody’s was far less discerning when the client was a Wall Street securitizer.

(…)

From 2002 to 2006, Moody’s profits nearly tripled, mostly thanks to the high margins the agencies charged in structured finance. In 2006, Moody’s reported net income of $750 million. Raymond W. McDaniel Jr., its chief executive, gloated in the annual report for that year, “I firmly believe that Moody’s business stands on the ‘right side of history’ in terms of the alignment of our role and function with advancements in global capital markets.”

(…)

Moody’s monitors began to make inquiries with the lender and were shocked by what they heard. Some properties lacked sod or landscaping, and keys remained in the mailbox; the buyers had never moved in. The implication was that people had bought homes on spec: as the housing market turned, the buyers walked.

(…)

“It seems there was a shift in mentality; people are treating homes as investment assets.” Indeed. And homeowners without equity were making what economists call a rational choice; they were abandoning properties rather than make payments on them.

(…)

“We’re structure experts,” Yuri Yoshizawa, the head of Moody’s’ derivative group, explained. “We’re not underlying-asset experts.” They were checking the math, not the mortgages.

(…)

The agencies have blamed the large incidence of fraud, but then they could have demanded verification of the mortgage data or refused to rate securities where the data were not provided. That was, after all, their mandate.

(…)

Moody’s itself favors doing away with the official designation, and it, like S.&P., embraces the idea that investors should not “rely” on ratings for buy-and-sell decisions.

By the way, a new phenomenon is borrower’s attitude toward their beloved mortgaged house or car: some start burning them to have their insurance take over! Click here to read more.

“Last week, a Sacramento-area couple were arrested on allegations that they burned their Jeep and drove their Nissan pickup into a river, then filed fraudulent insurance claims. According to investigators, the wife admitted she was trying to escape her $600 monthly car payment. […] The sub-prime crisis began to hit in late 2006. There’s been an increasing number of cases since then,” said James Quiggle of the nonprofit Coalition Against Insurance Fraud, adding that he has about 20 such cases currently on file. “Will it explode as more mortgages are reset? That’s the question. […] The more serious problem, because of the costs involved, are home fires. Classic signs of an owner-complicit arson include removal of pets and expensive electronics before the blaze. But lately, investigators say their first step is a call to the bank to ask about the status of the mortgage.” Los Angeles Times

Surexposition de la Société Générale : nihil novi sub sole

Quand on parle de supposée prise de conscience des risques inhérents à la structure actuelle du système bancaire, qui semble trop investi dans les produits dérivés (censés au départ faciliter la gestion des risques, mais qui sont devenus les jeux à gratter des prestigieux départements de trading pour compte propre de certaines banques), on ne peut que sourire en tombant sur un article datant du 8 janvier 1996, paru dans La Tribune Desfossés (ancêtre de La Tribune), suite à la faillite de la banque Barings, et qui insiste sur la place particulière occupée par la Société Générale (3,27 trillions de dollars d’activité portant sur des produits dérivés fin 1994).

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Réseaux sociaux : déjà la reconversion ?

Je me demande si en 1999 on disait la même chose :-). Je crois que oui en fait, et les conséquences furent l’éclatement bien mérité d’une bulle. L’histoire se répétera-t-elle ? Il est clair qu’il n’y aura pas de la place pour tout le monde. Quant au business modèle centré sur la publicité, n’oublions pas que s’il est excellent en terme de facilité de mise en oeuvre, il dépend fortement de la conjoncture économique (cf. le CA de google sur les publicités affichées sur le moteur de recherche, qui a baissé récemment) car au final ce sont bien les annonceurs (donc les entreprises en général) qui payent la facture. Rappelons-nous jusqu’où la virtual economy était allée à un moment : un site A achetait de la pub sur le site B pointant vers A, qui lui-même en achetait sur le site A pointant vers B. Ajoutez un site C dans la chaîne, et vous construisez une jolie bulle spéculative avec des tours d’enchères, qui donnent des CA rondelets pour A, B, et C, mais sont totalement déconnectés de la valeur réellement produite.

Par David CastaneiraLe 26/02/2008 (22:10)

Le doute s’installe pour les réseaux sociaux. Phares de la toute proche année 2007 en matière d’innovation fonctionnelle et d’audience, les principaux réseaux mondiaux ouverts voient celle-ci s’effriter en ce début 2008. Brusque coup d’arrêt en Grande-Bretagne avec un recul respectif de 5, 5 et 2 % pour Facebook, MySpace et Bebo entre décembre et janvier 2008 selon l’institut Nielsen Online. Un même tassement – quoique moindre en valeur – est observé aux Etats-Unis sur janvier avec des reculs d’audience de 2 % pour FaceBook et Myspace, selon ComScore. Le constat est identique en France, avec des valeurs moins significatives.

Simple coup d’arrêt, maturité des utilisateurs, rationalisation des usages ou désaffection réelle ? Il semble trop tôt pour enterrer le phénomène mais la période est propice à un certain nombre de remarques.

Un modèle économique non avéré

Tout d’abord concernant la sur-valorisation économique des services. Au moment les plus fous, certains économistes évoquaient une valorisation à plus de 50 milliards de dollars pour Facebook. Quasiment deux fois le montant d’un Yahoo, symbole de la première génération des services Internet, à l’activité établie et aux marges prouvées quoique encore fragiles. Tout cela pour un potentiel d’audience très vite important, mais dont on peine à envisager la monétisation. Confronté à des publicitaires demandant toujours plus aux outils de diffusion de réclame – passant de la visibilité à la visibilité ciblée et désormais au ciblage comportemental (traquez comment vivent les internautes, je leur dirai quoi acheter) -, Facebook a tenté de vendre les profils de ses utilisateurs. Ce qui a suscité un tollé à l’automne de la part des utilisateurs. Du coup le réseau a dû reculer… et se chercher un nouveau modèle économique.

Jusqu’à présent, le succès publicitaire des réseaux sociaux est loin d’être garanti, comme le démontre la déception de Google avec MySpace. Fort d’un accord d’exclusivité triennal conclu avec le service – propriété de News Corp, le groupe du tycoon Rupert Murdoch – contre une garantie de revenus de 900 millions de dollars, la régie publicitaire monstre pensait avoir touché de l’or. Une déception in fine, apprend-on de la bouche même de Serge Brin, l’un des créateurs du moteur, pour qui le résultat n’est pas à la hauteur des espérances, sans que l’on ait toutefois la moindre précision chiffrée. Google y croit toujours. Il a investi dans un gros réseau sud-américain ; son nom est régulièrement cité pour l’acquisition de Bebo, fortement implanté dans le monde anglo-saxon. Mais les montants alloués semblent plus raisonnables et surtout les formats publicitaires demandent à être retravaillés.

Des usages de moins en moins convaincants

Plus grave encore, les usages s’essoufflent également à grande vitesse. Une analyse (im)pertinente nous est donnée par Cory Doctorow, chroniqueur d’InformationWeek, pour qui les réseaux sociaux portent en germe leur autodestruction. En clair, plus le réseau s’élargit, plus de nouveaux « amis » vous sollicitent… et plus le risque grandit de voir apparaître des gens que vous auriez habituellement fui. Le réseau – reposant sur le “faire venir” – plutôt que de simplifier la vie a également tendance à alourdir les communications. Un module d’alerte sur votre PC vous prévient que vous avez un nouvel e-mail… vous prévenant qu’un information vous attend sur Facebook. Reste à espérer que cette dernière valait la peine, ce qui n’est pas nécessairement le cas dans « des réseaux d’amis » souvent extrêmement élargis du fait de la nature virale des outils proposés.

Le problème de la sécurité

Au niveau professionnel ou dans le cadre d’échanges communautaires « sérieux » la sécurité demeure également un frein important. Longuement interrogés par notre confrère Infoworld, nombre d’experts s’accordent sur le trou béant en terme de distribution de malwares, de spams et autres adwares. Mais, selon eux, le pire reste à venir à travers les stratégies de long terme mises en place par ceux qui nous veulent du mal. Une approche quelque peu paranoïaque (RSSI est un métier difficile…) mais à la réflexion raisonnable quand on sait les sommes d’argent et l’énergie dépensées dans l’espionnage industriel ou les tentatives d’infiltration des organisations. Sans compter les usurpations d’identité. L’une d’entre elles vient de valoir plusieurs années de prison à un ressortissant marocain s’étant octroyé abusivement celle d’un membre de la famille royale. Les 23 et 24 janvier, une génération spontanée de Jérôme Kerviel plus ou moins réussis a vu le jour sur Facebook participant à l’émergence du statut de star du web pour le trader-fraudeur de la Société Générale.

Hypothèses sur l’avenir

Reste que les fonctionnalités qui ont vu le jour, les promesses d’interopérabilité avec les outils de communication existant autour d’Open Social (norme open source d’architecture de réseaux sociaux notamment poussée par Google) et les facilités d’usages qui ont conduit aux fulgurants succès d’audience que l’on sait, demeurent. Et si la publicité n’est – semble-t-il – pas l’avenir des réseaux, certains pensent déjà à la prochaine étape. Ainsi de service Internet grand public, les éditeurs pourraient bien devenir de gros fournisseurs… des entreprises. S’il lui faut au préalable répondre aux critiques concernant la sécurité, FaceBook y travaille déjà promettant pour dans quelques mois une version pro de son service. De petits éditeurs commercialisent déjà des solutions en marque blanche pour les sites de presse par exemple. Par ailleurs des réseaux de niche voient le jour. Plus privés, orientés autour d’un centre d’intérêt ou d’une communauté d’usage, ils sont moins pollués et pourraient devenir payants où le sont déjà. Au niveau applicatif, les fonctionnalités et les approches ergonomiques rencontrées sur les réseaux sociaux risquent fort de venir essaimer dans les outils collaboratifs ou dans les Intranet des entreprises. Là encore la sécurité sera clé.

Reste donc a savoir si le tassement de l’audience et la déception publicitaire se confirmeront dans les mois à venir. Et si la fulgurance du succès et de l’arrivée des premiers doutes – qui aura finalement empêché la création d’une bulle comme Internet en a déjà connu – auront raison du phénomène. Ou si les promesses fonctionnelles trouveront un débouché sous une forme à la fois plus pertinente et économiquement viable.

La dérive des nouveaux produits financiers ?

Je suis toujours émerveillé des perles que l’on peut retrouver dans les archives. Ici, dans son Édition imprimée — juillet 1994 — Pages 20 et 21, Le Monde diplomatique revient sur l’émergence inquiétante des produits dérivés. Aujourd’hui, que dire, sinon que le marché n’a pas vraiment faibli, et que le “risque systémique” semble subir une purge plutôt que de sonner le glas des dérivés. Dans le même registre, on lira avec plaisir les archives des journaux économiques juste avant l’éclatement de la bulle Internet en 2000. (plus…)