Gordon Moore: The Accidental Entrepreneur

Je viens de lire un article autobiographique de Gordon Moore publié sur le site officiel de la Nobel Prize Foundation, particulièrement intéressant quant aux enseignements de cette fabuleuse épopée à Fairchild et Intel :

J’ai relevé ces conseils hautement profitables pour toute start-up ambitieuse :

  • Constituer une équipe de personnes talentueuses capable d’innovations.
  • Penser “produit” dès le départ : qu’est-ce qui au final va bien pouvoir parvenir au consommateur ?
  • Mettre en place une organisation complète (R&D, fabrication, vente) dès que les premiers prototypes sont fonctionnels, en maintenant un lien fort entre les trois départements.
  • Anticiper les conséquences à moyen terme de l’emprise potentielle des investisseurs sur le core business et la vision de l’entreprise.
  • Lier les personnes clefs à l’entreprise pour ne pas risquer de les voir partir en emportant avec eux une part significative de la valeur ajoutée de l’entreprise.
  • Fonder son avantage concurrentiel sur des technologies suffisamment complexes pour laisser le temps à l’entreprise de grandir avant que les concurrents ne la copient ou ne la retrouve. A défaut de savoir à l’avance si le succès sera au rendez-vous, travailler sur un portefeuille de technologies, et les évaluer régulièrement pour déterminer lesquelles méritent une focalisation des ressources.
  • Mettre en place des réunions en face à face avec chacun des employés, durant lesquelles ce sont ces derniers qui déterminent l’ordre du jour et font avancer l’entretien.

Et ces passages que je préfère laisser verbatim.

From the beginning at Intel, we planned on being big. Since we had already been fairly successful at Fairchild, anything less successful in our new venture would have been a disappointment. So, at the very beginning we recruited a staff that had high potential and that we thought would be around to run the company for some time. This is an opportunity that many start-ups miss. There is no better chance to train managers than in a start-up, where they have the opportunity to see the entire company as it grows. It starts small and simple; one can see all the operations as they get bigger. I think that people looking at start-ups, venture capitalists in particular, ought to push very strongly not to squander the opportunity to develop management during that time period.

(…)

Another thing we had learned along the way was to raise money before we needed it. One thing you find out after a little bit of experience as an entrepreneur is that the bank will lend you money as long as you don’t need it. You can sell stock as long as you really don’t have to. With good advice from directors such as Arthur Rock, we have always had plenty of capital on hand, so that we haven’t been hindered in our ability to raise more.

Vous trouverez l’article au complet sur le site de la Nobel Prize Foundation, ainsi qu’une interview de Gordon Moore datant de quelques jours sur le toujours très excellent Spectrum.

Bréviaire de l’entreprise : quelques informations intéressantes

Avantage fiscal pour la souscription au capital d’une PME

– Il s’agit d’une réduction d’impôts et non d’un crédit d’impôt !
– Il faut détenir les parts pendant 5 ans
– La réduction n’est calculée que sur le montant effectivement libéré (versé sur le compte de l’entreprise), dans la limite d’un plafond.

Sources :
Article 199 terdecies-O A et article 46 AI bis de l’annexe III du Code Général des Impôts.
Article 46 AI bis du Code Général des Impôts.
http://www.latribune.fr/info/Reduction-d-impot-sur-le-revenu-pour-souscription-au-capital-de-PME-~-IDD41F537E48791946C12574400055753C
http://haute-saone.cci.fr/page_article.php?idarticle=162

Un couple peut-il être associé unique d’une E.U.R.L. ?

– A priori un associé est une personne physique ou morale, or un couple n’étant ni l’un ni l’autre il faut que chaque conjoint soit actionnaire, même en cas de régime de la communauté universelle.
– Chaque conjoint actionnaire recevant sa quote-part de dividendes, le montant perçu est utilisable par l’autre conjoint en fonction du régime matrimonial du couple.

Sources :
http://www.apce.com/cid40746/entreprendre-en-couple.html?pid=335
http://www.apce.com/index.php?pid=652

Minimum de capitaux propres (ou fonds propres) requis par rapport au capital social dans une société commerciale

– Obligation de mettre en réserve chaque année 5% des bénéfices jusqu’à atteindre 10% du capital social.

Les capitaux propres représentent l’argent apporté par les actionnaires à la constitution de la société ou ultérieurement, ou laissés à la disposition de la société en tant que bénéfices non distribués sous forme de dividendes. Ils courent le risque total de l’entreprise : si celle-ci va mal, ils ne seront pas rémunérés (aucun dividende ne sera versé) ; si elle dépose son bilan, les porteurs de capitaux propres ne seront remboursés qu’après que les créanciers l’aient été intégralement, ce qui est très rarement le cas. Si elle va très bien au contraire, tous les profits leur reviennent.http://www.vernimmen.net/html/glossaire/definition_capitaux_propres.html

“Lorsqu’une entreprise a réalisé un résultat net positif au cours de l’année, elle a le choix entre distribuer ces bénéfices à ses actionnaires ou les mettre en réserve. Ces réserves sont au nombre de 3 :
– la réserve légale : un pourcentage fixe du résultat net est mis en réserve automatiquement. Cette réserve est obligatoire et fixée par la loi (sous certaines conditions), même si l’entreprise souhaite distribuer tous ses bénéfices à ses actionnaires;
– les réserves réglementées : les réserves réglementées peuvent être créées pour bénéficier d’avantages fiscaux notamment;
– les autres réserves : il s’agit de réserves décidées par le conseil d’administration et votées par l’Assemblée Générale. Leurs objectifs sont divers et variés.
http://www.edubourse.com/guide/guide.php?fiche=capitaux-propres

A la fin de chaque exercice l’entreprise détermine son résultat net, déficitaire ou bénéficiaire. Une fois défini, le résultat net, s’il est positif, est réparti entre les réserves et les dividendes à verser. Les sommes non affectées sont portées au poste “report à nouveau”.
le résultat net
Avant l’affectation de ce dernier, le résultat net apparaît dans les capitaux propres. Une fois affecté, le résultat net se répartira entre les réserves, les dividendes et le report à nouveau.”

– Les capitaux propres peuvent très bien être négatifs, ce qui arrive par exemple si l’entreprise réalise une perte supérieure au capital social versé initialement. Par exemple, vous versez 10 000€ de capital social à la constitution. Vos capitaux propres s’élèvent alors à ce montant. Si vous perdez 12000€ dans l’année, vos capitaux propres seront alors de -2000€. A noter que les dettes contractées n’entrent pas en déduction des capitaux propres.
– Des capitaux propres négatifs indiquent que l’entreprise ne parvient pas à générer suffisamment de revenu pour maintenir son activité. Elle court donc à la faillite. Exemple : http://www.manageo.fr/entreprise/rc/risque/specimen_risque/specimen_risque.htm
– Si les capitaux propres descendent en dessous de 50% du capital social, il est obligatoire de résoudre la situation par des bénéfices ou de recapitaliser la société (augmentation de capital par exemple, ce qu’a fait la Société Générale après l’affaire Kerviel qui l’a fait descendre sous les ratios de capitaux propres réglementaires) dans les deux ans, sans quoi il faudra déposer le bilan.

Si, du fait de pertes constatées dans les documents comptables, les capitaux propres de la société deviennent inférieurs à la moitié du capital social, les associés décident, dans les quatre mois qui suivent l’approbation des comptes ayant fait apparaître cette perte s’il y a lieu à dissolution anticipée de la société.
Si la dissolution n’est pas prononcée à la majorité exigée pour la modification des statuts, la société est tenue, au plus tard à la clôture du deuxième exercice suivant celui au cours duquel la constatation des pertes est intervenue, de réduire son capital d’un montant au moins égal à celui des pertes qui n’ont pu être imputées sur les réserves, si, dans ce délai, les capitaux propres n’ont pas été reconstitués à concurrence d’une valeur au moins égale à la moitié du capital social.
Les dispositions du présent article ne sont pas applicables aux sociétés en procédure de sauvegarde ou de redressement judiciaire ou qui bénéficient d’un plan de sauvegarde ou de redressement judiciaire.
Article L223-42 du Code de Commerce

PGI/ERP en ligne

En cours de constitution d’une société, nous recherchons naturellement les meilleurs outils informatiques. Quelle surprise de constater la pauvreté de l’offre software as services en matière de comptabilité/gestion commerciale/etc.

Voici un récapitulatif des quelques services disponibles, vraisemblablement peu matures et qui peinent à convaincre :

  • Zefyr, ne propose pas de version de démonstration utilisable immédiatement, se destine à devenir un PGI (progiciel de gestion intégré), la qualité du site jette des doutes sur le sérieux de l’entreprise (l’apparence joue beaucoup dans ce domaine). Le prix de l’offre logicielle est assez élevé (compter 120€ par mois pour l’ensemble des services).
  • SAP Business by Design, probablement sympathique, mais clairement pour des structures d’une taille déjà significative (133€ mensuels par utilisateur, avec une vingtaine d’utilisateurs minimum). S’il est efficace, nous nous tournerons peut-être vers ce type de solution dès que nous aurons atteint le seuil critique.
  • ecount.fr, qui hélas se limite à la comptabilité (impossibilité de générer des factures en ligne par exemple).
  • iBIZA, avec un skin très joli (pompé de Microsoft Office 2007), et une véritable interface logicielle faisant oublier qu’on est dans un navigateur web, mais qui ne sait pas faire autre chose que de la comptabilité.

Et je termine par les plus aboutis à mon sens :

  • Idylis, issue d’un cofondateur de Ciel, avec une offre complète, mais peut-être un peu trop onéreuse dans sa version PGI (270€ par an par utilisateur), surtout avec 100 Mo de base de données maximum (possibilité d’uploader des pièces justificatives ?).
  • Itool, racheté par EBP, et proche de Idylis. A noter que le site http://www.comptable-en-ligne.fr/ l’inclut dans son offre de mission comptable.

Ces deux derniers “ASP” ne proposent cependant pas de véritable adossement à un cabinet d’expertise comptable, ce qui oblige à trouver par ailleurs un cabinet, on ne peut donc pas parler de véritable expertise comptable en ligne.

Avis à ceux qui souhaitent combler les trous, je pense qu’il y a là matière à innover, en particulier pour les TPE (quand même plus de 50% des entreprises créées en France chaque année). Idéalement, l’objectif serait de proposer un site permettant à un créateur d’entreprise de TOUT faire par Internet quant à l’immatriculation, l’administration, la gestion commerciale, et le management. Mais il faut reconnaître qu’il y a du pain sur la planche, vu la complexité et l’instabilité du tissu réglementaire français. Peut-être y a-t-il un marché plus simple et plus utile à proposer de manière automatique, et fiable, la domiciliation à l’étranger de tout ce qui peut l’être (avec constitution d’une simple succursale en France pour être en conformité avec la législation du travail).

Capital Week le 22, 23 et 24 avril 2008

Vous cherchez des investisseurs ? Vous êtes un business angel ? Jean Ducharne, Directeur de clientèle de Mar-Tech & Finance, et membre du groupe Sphère entrepreneurs sur Facebook, vous présente Capital Week :


Pour ma part, je serai (hélas ?) au Mexique ! Qu’à cela ne tienne, j’attends de pied ferme la prochaine édition.