Dealing with trading issues in the Société Générale

This confidential flowchart from the Société Générale will definitely help us better understand what exactly occurred in January of this year with Jérôme Kerviel. Now that we know he followed the procedure carefully, who’s to blame?

Société Générale Issue Flowchart

For those who may not know, “Oui = Yes” and “Non = No”, the diagram is written in classical Société Générale Franglish.

Mission green : deuxième rapport interne de la Société Générale

Faisant suite au premier rapport de synthèse rendu mi février 2008 (et téléchargeable ici), on lira avec intérêt le deuxième (et dernier) rapport de la Mission green mise en place pour éclaircir l’affaire Kerviel, menée par le très respecté Jean-Martin Folz, ex PDG de PSA et administrateur de la Société Générale, et publié fin mai. Il passe en revue aussi bien les manipulations effectuées par le trader que les défauts de contrôle en interne et de la part des organismes externes. Vous pouvez le télécharger ici au format PDF.

Plus spécifiquement selon el Gosto, il se concentre sur les points suivants :

  • L’activité de JK.
  • Présentation de l’organisation SG.
  • Le trader réussit à cacher son résultat réel, faisant apparaître un résultat « officiel » en comparaison très faible.
  • Les mécanismes de dissimulation utilisés par JK.
  • JK a utilisé des faux e-mails à sept reprises.
  • La chronologie des faits.
  • Résultat des travaux de rapprochement.
  • Une partie significative du résultat déclaré de JK provient de son activité frauduleuse mais nous ne pouvons pas en établir le montant exact.
  • Liste des flux de provisions de plus de 50 MEUR saisis en 2007 et janvier 2008 avec le matricule de l’agent du middle office opérationnel dédié à l’activité de JK.
  • Le départ du précédent manager de JK a coïncidé avec le début de ses prises de positions massives frauduleuses.
  • Trois documents normatifs encadrent l’activité d’un manager de trading.
  • Le montant du résultat de JK aurait dû alerter sa hiérarchie.
  • Une analyse approfondie des informations disponibles relatives à la trésorerie aurait pu permettre de détecter la fraude.
  • Les cas de défaillance des opérateurs sont rares au regard des procédures en vigueur ; en revanche, les opérateurs n’approfondissent pas systématiquement leurs contrôles au-delà de ce que prévoient les procédures.
  • Résultats des investigations complémentaires sur le périmètre de SG CIB.

L’Eurex avait alerté la Société Générale dès le 19 octobre 2007

Voilà qui ne risque pas d’arranger la position de la Société Générale dans cette affaire, tandis que Jérôme a retrouvé du travail et va ainsi contribuer à abaisser les chiffres du chômage en France et dans l’OCDE.

 « L’établissement allemand [l'Eurex] s’est inquiété dès le mois d’avril 2007. Il réalise alors que les transactions se font toujours sur le même poste. Autrement dit, il subodore qu’un trader de la Générale agit seul.

Mais c’est l’opération du 19 octobre 2007 qui va le conduire à tirer la sonnette d’alarme. Ce jour-là, Kerviel négocie 6 000 futures - des contrats à terme - pour une valeur de 1 milliard d’euros. Cette fois, les Allemands savent qu’un seul opérateur ne peut engager de telles sommes pour le compte de sa maison. Ce qui justifie leur courrier du 7 novembre.

La lettre d’Eurex aboutit au service d’inspection de la Société générale, avec un double à Eric Cordelle, le patron direct de Kerviel. Le responsable de l’inspection interroge alors benoîtement Kerviel lui-même. Qui fournit des éléments d’information, pour la plupart évidemment faux.

La banque répond à Eurex le 20 novembre, justifiant le volume considérable des transactions par la progression du marché et les circonstances dans lesquelles ont été passés les ordres. Eurex détecte dans ce courrier de nombreuses erreurs, en particulier sur les horaires de travail du trader.

Le 26 novembre, les Allemands relancent les Français, faisant état de la fameuse transaction de 1 milliard. La Société générale ne réagit toujours pas…

La banque réplique aujourd’hui qu’Eurex est une société commerciale qui cherche à ne pas être impliquée. Elle s’étonne également que le financier allemand se soit contenté d’un simple courrier pour dénoncer les dérives constatées. A la suite des révélations de l’enquête, une douzaine de personnes vont quitter la banque, démissionnaires ou, la plupart, licenciées. » SauvezKerviel.com

Mission green : rapport interne de la Société Générale sur l’Affaire Kerviel

Dans un rapport publié aujourd’hui, et curieusement intitulé “mission vert” (et non mission verte, le “green” étant postposé), l’Inspection Générale de la Société Générale revient en détail sur les opérations effectuées par Jérôme Kerviel. On y lit une foule d’informations intéressantes, pour votre culture (si vous voulez faire pareil et aller aussi en prison), je ne peux que vous le conseiller : Rapport de la Mission Green.

Ce qui choque, c’est cette courbe de P&L consolidé hors positions fictives. Au vu des risques pris dès juin 2007 par Jérôme Kerviel, qui était déjà en perte de plus de 2 milliards d’euros (comme dirait l’amie Ségolène, il aurait mieux fait d’en faire don à la Fondation Erwin Mayer), sauvé miraculeusement par le krach des subprimes en août, je ne peux que retirer tout soutien ou compassion que j’avais à son égard. Il faut vraiment être débile ou malintentionné pour en arriver là. On dirait un boursicoteur de la première heure, qui se plaît à vivre pleinement et longuement avec le marché ou contre le marché selon son humeur. Après un tel drawdown (-85% en un an sur des positions hyper spéculatives en warrants), lorsque je commençai quant à moi à “investir” en 2006, j’eus au moins le mérite de remettre en question ma “stratégie”. Là non. L’ami Kerviel, non content d’avoir effacé sa perte colossale grâce à un facteur accidentel, a joyeusement repris sa martingale, histoire de voir s’il pouvait inverser la courbe. Je doute qu’il se soit amusé à cela s’il s’était agi de ses économies.

Illustration n°2 : P&L de Jérôme Kerviel

Il n’y a plus qu’à espérer que cette déficience ne soit pas trop répandue parmi les traders. Le jeu est à somme nulle (sauf pour les courtiers qui prennent inlassablement leur prime au passage), mais cela ferait vraiment tâche qu’une telle profession soit le vivier de tant de joueurs compulsifs et magouilleurs.

Update du 24 mai : la Mission green vient de publier un second (et dernier) rapport, qui apporte de nombreuses précisions et informations nouvelles. Voir ici le post relatif.

Les échanges entre Jérôme Kerviel et Moussa Bakir, selon le NouvelObs

A en juger par la pauvreté du style d’écriture, ces deux hommes semblent plus à plaindre qu’à blâmer. Ils ressemblent à des petits enfants qui ont fait une bêtise et qui attendent dans l’angoisse que leurs parents la découvre. De combien de fessées vont-ils écoper ? (Lire la suite…)

L’authentification par SCA, un marché porteur ?

300.

Si c’est le nom d’un film sorti récemment, c’est aussi le nombre de comptes que j’ai ouverts depuis mes débuts sur Internet. Prenant rapidement conscience de cette inflation, j’ai pris la précaution de bien définir ma stratégie de sécurité. Plusieurs niveaux de mot de passe en fonction de l’importance du service et de la réputation du site, inscription systématique de mes comptes existants dans un fichier central, authentifications successives pour accéder aux mots de passe de haut niveau… m’ont permis de structurer ma démarche de manière à toujours connaître mes logins et mots de passe pour les innombrables services auxquels j’ai souscrits.

Depuis mes tentatives fructueuses de piratage des comptes hotmails de certains amis (en les informant bien entendu de la situation) en 2003, en répondant simplement aux questions “personnelles” posées en cas d’oubli du mot de passe (exemple : nom de jeune fille de ma grand-mère, de mon chien ou couleur préférée), facilement résolvables avec un peu de business intelligence, j’ai décidé de boycotter systématiquement ce que je considère comme d’énormes failles de sécurité.

Je comprends bien que, la majorité des gens étant épicuriens lorsqu’ils créent des comptes en ligne (j’entends par là qu’ils ne se soucient pas de se souvenir encore de ses identifiants quelques mois plus tard, choisissant même parfois un mot de passe et un login différent à chaque fois), il convient de mettre en place un système simple de récupération du mot de passe (ou de création d’un nouveau mot de passe dans le cas d’hotmail). Mais honnêtement, n’est-ce pas là jouer avec le feu ?

L’affaire Société Générale a mis en évidence l’importance des droits d’accès à certaines applications. L’usurpation d’identité, rendue possible par leur politique de sécurité vraisemblablement défaillante ainsi que décrite ici par des spécialistes d’informatique bancaire, peut facilement provoquer des cataclysmes sans commune mesure avec les fraudes commises en nom propre. Inutile d’aller chercher plus loin les coupables ou, comme le proclamait Daniel Bouton, du “Génie” à passer des opérations falsifiées. Si la situation dans certaines banques est telle que présentée par les consultants en SI bancaire contribuant au blog de Duo&Co, je me vois facilemement faire la même chose que Jérôme Kerviel après quelques temps au back office (histoire d’être sûr de bien maîtriser tous les rouages), et à condition tout de même d’être dépourvu de conscience professionnelle et de sens moral. Loin de moi l’idée de polémiquer sur la culpabilité et la responsabilité de qui que ce soit, je profite en fait de ce fait économique pour arriver sur une opportunité d’innovation et de business.

Si la sécurité informatique est si critique, ce que reconnaissent déjà bon nombre de banques, d’autres acteurs des secteurs sensibles, et bien sûr les particuliers, alors plutôt que de persister sur une voie incompatible avec nos capacités humaines (mémorisation à long terme d’identifiants et de mots de passe), je pense qu’il qu’y a un marché énorme à développer une solution d’authentification qui rompe avec les méthodes actuelles et qui néanmoins soit rétrocompatible (sans quoi elle est probablement vouée à l’échec).

Voilà de quoi augmenter la productivité de manière conséquente, d’apporter une plus grande confiance dans les systèmes informatiques, et donc de générer d’humbles milliards d’euros de profits, au profit de milliards d’êtres humains. Les idées c’est bien, le concret, c’est mieux. Comment donc trouver cette solution révolutionnaire ? Je n’ai pas encore suffisamment creusé la question pour produire un business plan, mais je vois déjà quelques pistes de recherche à suivre pour atteindre l’objectif ci-dessus (un système d’authentification unique, sécurisé, portable, personnel, rétrocompatible, aux fonctionnalités transparentes, et géré par une entité indépendante).

Schématiquement, le système se présenterait de la sorte :

                                              {Application}
Services Internet, contrôles d’accès physiques, antidémarreurs…
                                              {/Application}
                                                         \/ /\
                       {Système central d’authentification}
Se positionne comme couche logicielle intermédiaire entre l’application et l’utilisateur.
1. Récupère l’événement de requête d’authentification soumis par l’application, la reconnaît (pour une fiabilité maximum et éviter le phishing par exemple, il reconnaît le certificat de sécurité signé par une autorité de confiance), établit en conséquence le niveau de sécurité minimum et maximum requis
2. Vérifie s’il dispose déjà d’une authentification valide (une authentification peut être valide pour un certain nombre de niveaux de sécurité, une certaine période de temps, un certain nombre d’application, un certain nombre de fois, selon certains critères externes comme la présence dans l’entreprise d’un collaborateur)
3. Déclenche un événement de sollicitation de l’utilisateur, le cas échéant

                       {/Système central d’authentification}
                                                         \/ /\
                                              {Utilisateur}
Personne physique, Entité informatique (programme, macro, webservice…), Ensemble d’utilisateurs
Peut choisir différents niveaux d’authentification, lorsque sollicité par le SCA
0. Utilisateur déjà authentifié
1. Mot de passe bateau pour une sécurité faible, comme un code pin de téléphone
2. Mot de passe pour plusieurs niveaux de sécurité successifs, le cas échéant
3. Relevé d’identification biométrique
4. Puce matérielle contenant des éléments uniques d’authentification, non usurpables et non spoofables (cf. technologies de transmission exploitant les propriétés quantiques, algorithme de modification du cryptage à chaque lecture des informations…)
Les événements de niveau supérieur permettent d’accéder aux niveaux inférieurs. Par exemple une identification biométrique permet de s’authentifier pour n’importe quel service normalement activable par mot de passe.
                                              {/Utilisateur}

On ne se passera donc pas des mots de passe, mais ceux-ci seront gérés par le SCA et seront composés de plusieurs centaines de bits, éventuellement moins pour des raisons de rétrocompatibilité, mais en tous les cas invisible pour l’utilisateur qui pourra utiliser des méthodes d’authentification synthéthiques (un mot de passe ou un badgeage lui permettra ainsi d’accéder à différents sites qui recevront chacun un mot de passe différent généré par le SCA, limitant ainsi les dégats en cas de mot de passe non crypté dans la base d’un récipiendaire peu scrupuleux, ce qui m’est arrivé une fois et m’a valu d’avoir mon compte eBay usurpé, et surtout d’une complexité suffisante pour déjouer les attaques par force brute (donc des centaines de bits que l’utilisateur n’est généralement pas capable de retenir). De cette manière, la rétrocompatibilité serait assurée.

Dans l’étude de l’état de l’art, on s’intéressera notamment au SSO (single sign-on), qui a déjà fait l’objet de nombreuses recherches et développements, académiques ou commerciales, et présentent de nombreuses ramifications dont certaines seront sans doutes plus pertinentes que d’autres.

Dans un prochain billet j’essaierai de détailler comment déployer ce type de système (serveur accessible par Internet ? Clef USB ? Puce intégrée dans l’architecture matérielle du périphérique ?) Si vous avez des idées, n’hésitez pas à les proposer en commentaire pour que nous puissions en discuter. La finalité, vous l’aurez compris, est qu’en cas d’aboutissement à une solution réellement novatrice, efficace, facile à mettre en oeuvre, et fiable, nous puissions passer à l’étape supérieure. Il y a là sans aucun doute un vaste marché (peut-être plus grand même que celui qui a fait la fortune de Mark Shuttleworth), la seule question est de savoir si nous saurons remporter le défi.

Tout sur l’affaire Société Générale

Le blog Duo&Co a repris et commenté les déclarations de Jérôme Kerviel concernant ses opérations :

http://duoandco.blogspot.com/2008/01/jrme-kerviel-reconstitution-des-faits.html

A défaut d’éléments contradictoires, il semble que les thèses relatives aux subprimes soient désormais à écarter. Vu les explications concernant le back et le middle office, je conçois tout à fait que ce trader ait pu ainsi déjouer les protections. Fait notable, il apparaît que les pertes ont été réalisées seulement début janvier 2008 ! L’année 2007 fut quant à elle fastueuse pour ce trader (1,4 milliard de profit soit un quart du bénéfice global du groupe). Je m’imagine tout à fait à sa place (surtout en 2007 :-), même si depuis mes pertes instructives lors de mes débuts sur les marchés, j’ai pris mes distances avec le trading directionnel.

A ce sujet, je ne saisis toujours pas pourquoi personne jusqu’à présent n’a reproché à Jérôme Kerviel d’avoir dévié de ses prérogatives d’arbitragiste (un arbitragiste n’est pas censé prendre des positions à la hausse ou à la baisse !) pour devenir trader exotique voire prop trader. Qu’il ait couvert ses opérations de manière fictive est une chose, qu’il les ait couvertes avec des opérations appartenant d’un domaine du trading qui n’était pas le sien aurait dû dès le départ (début 2007) interpeller le back office. A moins qu’il n’y ait eu de complaisance délibérée. Quand on ne trade pas avec son argent, le risque n’a jamais la même signification et au vu des bonus escomptés, le jeu peut en valoir la chandelle.