Le primat du software

Walter Mossberg and Kara Swisher interview Steve Jobs and Bill Gates at ‘D5: All Things Digital’ conference in Silicon Valley in 2007. Quotes made during the time of the photograph.

Kara: “What you think each has contributed to the computer and technology industry, starting with you, Steve, for Bill, and vice versa.”

Steve: “Bill built the first software company in the industry and I think he built the first software company before anybody really in our industry knew what a software company was, except for these guys. And that was huge. That was really huge. And the business model that they ended up pursuing turned out to be the one that worked really well, you know, for the industry. I think the biggest thing was, Bill was really focused on software before almost anybody else had a clue that it was really the software.”

Walt: “Bill, how about the contribution of Steve and Apple?”

Bill: “Well, first, I want to clarify: I’m not Fake Steve Jobs. [Peals of laughter.] What Steve’s done is quite phenomenal, and if you look back to 1977, that Apple II computer, the idea that it would be a mass-market machine, you know, the bet that was made there by Apple uniquely—there were other people with products, but the idea that this could be an incredible empowering phenomenon, Apple pursued that dream. Then one of the most fun things we did was the Macintosh and that was so risky. People may not remember that Apple really bet the company. Lisa hadn’t done that well, and some people were saying that general approach wasn’t good, but the team that Steve built even within the company to pursue that, even some days it felt a little ahead of its time—I don’t know if you remember that Twiggy disk drive and…”

Bill Gates and Steve Jobs at D5: all things digital

Aujourd’hui encore, le software n’a pas perdu de sa superbe et de son importance. Plusieurs exemples sont là pour nous le rappeler.

Synaptics est le principal équipementier en pavés tactiles (touchpads) pour ordinateurs portables. Regardez dans la liste des drivers de votre machine, il y a de bonnes chances pour que ce nom apparaisse quelque part.
En septembre dernier, ils ont sorti en grande pompe plusieurs nouvelles gestures rappelant celles utilisables sur des écrans multitouch. On aurait pu saluer l’innovation et s’en arrêter là. Oui mais voilà, ces fonctionnalités auraient pu être implémentées depuis plus de 5 ans ! Le hardware, et même le firmware peuvent depuis bien longtemps différencier les doigts, capter leurs coordonnées absolues (comme une tablette graphique), et ce avec une résolution d’environ 640×480 ! Pourtant, seuls trois misérables logiciels de démonstration étaient jusqu’alors disponibles sur le site de Synaptics. Quant au SDK, il n’a pas été mis à jour depuis 2004. Si aujourd’hui le nouveau driver offre quelques gestures supplémentaires (et encore pas disponibles sur tous les firmware malgré la compatibilité matérielle), Il faut donc toujours passer par la pseudo API en C++ pour accéder à la matrice générée par le touchpad et créer un gestionnaire de fonctionnalités supplémentaires.

Théorie du complot ou non sur les raisons de ce bridage, on peut surtout retenir que le fabricant du hardware ne verse pas beaucoup dans le software, et c’est donc une inefficience qu’il faut combler ! On peut imaginer bon nombre d’applications qui pourraient profiter à plusieurs centaines de millions d’utilisateurs instantanément.

On ne se rend pas non plus compte à quel point les connectiques comme le bluetooth ou le Wifi ne sont utilisées que partiellement par le software qui les accompagne. Une start-up a d’ailleurs développé des drivers Wifi voués à faire au moins aussi bien que le Bluetooth en termes de débit de données et consommation électrique pour des applications identiques (casque, clavier…). Voilà qui risque de faire un peu d’ombre au consortium Bluetooth.
Je cherchais moi-même à faire quelque chose a priori très simple : lire simultanément de la musique sur mon ordinateur et celui de mon frère, lorsqu’on est physiquement peu éloigné. Les solutions trouvées ont été les suivantes :
Développer un script AutoIT qui synchronise la lecture des morceaux via le réseau (avec une parfaite synchronisation d’horloge),
Mettre en place un serveur de streaming temps réel (contrairement à Youtube ou à toutes les webradios, il s’agit de pouvoir écouter avec seulement quelques millisecondes d’écart le son qui est joué sur le serveur, il n’est donc pas possible d’avoir extensivement recours à la mémoire tampon),
Utiliser un bon vieux câble audio reliant la prise casque d’un ordi à la prise line in de l’autre.

Chaque solution présente des inconvénients : la première suppose que les bibliothèques des deux ordis soient identiques ou très proches, la deuxième n’offre pas une qualité d’écoute suffisamment stable (distortions comme en VoIP), et la troisième vous fait réaliser qu’il n’est même pas possible sur un ordi portable de choisir de ne pas désactiver les hauts-parleurs lorsque quelque chose est branché sur la prise line out (seul mon ordinateur, un Asus F3JA, et la version courante de mon driver son, présente un dysfonctionnement qui permet d’avoir les 2 simultanément au sortir d’une mise en veille :-), cela suppose donc d’utiliser un jack et des hauts parleurs externes au moins sur l’ordinateur émetteur.

Ne devrait-on pas pouvoir envoyer de l’analogique ou quasi analogique (pour éviter toute décompression complexe ou gestion des pertes) avec un protocole approprié sur un câble RJ45 ? Ce câble n’a pas moins de fonctionnalité qu’un câble audio classique. Mais soit, plutôt que d’inventer un nouveau protocole from scratch, pourquoi ne peut-on pas tout simplement activer le profil standardisé “Headset” ou “Generic Audio Video Distribution Profile” sur le PC de destination du signal ? Aujourd’hui, on ne peut pas par défaut utiliser un PC comme extension sonore d’un autre PC, sans raison valable vu que tout le hardware nécessaire est pourtant là. En allant plus loin, pourquoi est-il impossible d’utiliser les profils bluetooth standards sur des réseaux Ethernet Wifi ou RJ45 ?

Si le hardware a atteint une certaine maturité, on voit donc que le software en est encore à ses balbutiements en terme de mise en valeur des périphériques sous-jacents. Espérons que les interfaces utilisateurs à venir basées sur le multitouch et les caméras 3D s’accompagneront également d’une révolution en termes de software. On peut bien sûr compter sur les fabricants de hardware, mais je ne saurais que trop nous conseiller à nous tous, utilisateurs et développeurs, d’être à l’origine de cette refondation du rapport de l’homme à la machine. C’est ni plus ni moins ce qu’ont su faire en leur temps, dans une perspective business appropriée, Apple et Microsoft.

Du software, toujours du software !

They Rule, une application de la puissance du FoaF

Le “web sémantique” est souvent une appelation pompeuse pour un domaine qui n’a pas encore émergé. Cependant, quelques initiatives isolées mettent en avant la puissance de l’organisation sémantique du contenu. Parmi celles-ci, TheyRule propose de visualiser le graphe “social” des membres des boards des plus grandes sociétés et institutions américaines.

Vous pouvez consulter ici une map que j’ai créée avec les principales firmes high tech du NASADQ et d’autres entreprises importantes. Je m’attendais à un peu plus de connections, notamment entre des firmes du même secteur. Mais j’ai déjà observé cet effet à moindre échelle sur Facebook. Une chose est sûre, vu la quantité de “grands” au pouvoir, et les faibles interactions entre eux, on se demande bien comment une théorie du complot pourrait avoir lieu.

Pour ceux qui veulent en savoir plus sur le pourquoi du comment, ils peuvent commencer à se documenter sur l’article relatif au FoaF (Friend of a Friend) de Wikipedia.

Un milliardaire des bois

En voilà un que je ne connaissais pas encore. Sa stratégie me paraît très bonne. Il fait une sorte de mini OPA hostile et ensuite pourra faire pression pour faire racheter ses actions par Microsoft.

Libération – Le milliardaire Carl Icahn pousse Yahoo dans les bras de Microsoft – vendredi 16 mai 2008

Pour le directeur et le conseil d’administration d’une entreprise, savoir Carl Icahn s’intéresser de très près à vous n’est jamais une bonne nouvelle. Le milliardaire new-yorkais de 71 ans, réputé pour s’inviter dans le capital d’entreprises en difficulté afin d’imposer ses hommes ou pour forcer des décisions stratégiques, a lancé une fronde contre Yahoo. Histoire de forcer le portail Internet à accepter l’offre de rachat de Microsoft, dix jours à peine après l’échec des négociations entre les deux groupes. Depuis la semaine dernière, l’actionnaire activiste a accumulé 59 millions d’actions Yahoo, qui représentent 3,6 % de son capital. Par son offensive, Carl Icahn souhaite imposer le remplacement d’une dizaine de membres du conseil d’administration du portail.

Os. Le refus par les dirigeants de Yahoo, le 3 mai, de l’offre de rachat de Microsoft à hauteur de 47 milliards de dollars (30 milliards d’euros) a été mal reçu par plusieurs actionnaires de Yahoo. C’est sur ce mécontentement que s’appuie aujourd’hui Carl Icahn, même s’il n’a pas encore obtenu l’assurance des patrons de Microsoft qu’ils reprendront leurs pourparlers avec le portail Internet et son nouveau conseil d’administration. Ces derniers jours, plusieurs dirigeants de Microsoft ont déclaré qu’ils ne reviendraient pas sur leur décision. Si la nouvelle n’a pas paru ébranler Jerry Yang, le patron et cofondateur de Yahoo, celui-ci a néanmoins des soucis à se faire. Tenace, Carl Icahn lâche rarement son os lorsqu’il entreprend pareil investissement. Celui qui aime se faire passer pour le «Robin des bois des milliardaires», adoré des actionnaires mais franchement détesté des PDG, a déjà un certain nombre de succès à son actif.

Il y a un mois, après un long bras de fer, il forçait Motorola à accepter deux de ses hommes à son conseil d’administration. Malgré les réticences initiales du géant de la téléphonie, il a obtenu gain de cause en échange du retrait de sa plainte qui aurait forcé le géant des télécoms à révéler des informations dévastatrices sur les problèmes de gestion de sa branche mobile. Dans une manœuvre du même type à la fin 2007, Icahn avait poussé avec succès Oracle (logiciels informatiques) à revenir à la table des négociations et à conclure le rachat de BEA Systems (logiciels de base de données) dont il était l’un des actionnaires.

Décrit comme un personnage complexe, fils d’une institutrice et d’un chanteur de synagogues dans le quartier du Queens, Icahn, né en 1936, avait entamé des études de médecine à Princeton, avant de se lancer dans la finance. Il y acquiert rapidement une réputation d’actionnaire activiste. Au fil des ans, il s’est illustré pour avoir rapporté de juteux bénéfices à des millions de petits porteurs en menant des opérations hostiles contre des géants. Son terrain de chasse s’est étendu à divers secteurs, du pétrole à l’hôtellerie, en pensant par la pharmacie, l’immobilier, ou l’automobile. Il s’est également élevé contre les salaires et les «parachutes dorés» en cas de licenciements des PDG.

Plainte. Dans une lettre au président de Yahoo, Roy Bostock, Carl Icahn écrit avoir établi une liste provisoire de dix administrateurs potentiels, dont lui-même, Frank Biondi, ancien patron de Viacom, Keith Meister, vice-président d’Icahn Entreprises, et Mark Cuban, cofondateur du réseau câblé HDNet. Ces administrateurs soutiendraient l’offre à 33 dollars l’action faite par Microsoft. Hier, le cours de Yahoo gagnait 1,85, à 27,60 dollars. D’autres actionnaires du portail mènent campagne contre la direction, dont Scott Galloway, fondateur du fonds d’investissement Firebrand Partners. Sept d’entre eux ont déjà porté plainte contre Yahoo.

Guide des extensions indispensables pour Firefox

Benoit Mortgat publie ce jour un excellent guide pour ceux qui souhaitent équiper décemment leur navigateur web Firefox. J’avoue pour ma part être de plus en plus tenté de franchir le pas, au vu des lacunes d’Internet Explorer 7 en la matière. Jusqu’à présent, je n’utilisais Firefox que pour vérifier l’affichage convenable des pages de mes sites sur ce navigateur. Ardent défenseur de Microsoft, j’ai apprécié leurs progrès considérables d’IE6 à IE7, mais je remarque qu’ils souffrent d’un cruel manque de support de la part de la communauté, ce qui diminue le surplus global lors de l’utilisation de ce logiciel. Pour ne pas citer d’exemple, le débuggage de scripts ou de CSS est tout une aventure avec IE7, là où les extensions conseillées par Benoit dans son élégant guide en LaTeX vous donnent l’impression de vivre une nouvelle vie.

Je ne saurais que trop donc vous conseiller de vous en inspirer pour enrichir votre expérience utilisateur sur la toile.