L’Eurex avait alerté la Société Générale dès le 19 octobre 2007

Voilà qui ne risque pas d’arranger la position de la Société Générale dans cette affaire, tandis que Jérôme a retrouvé du travail et va ainsi contribuer à abaisser les chiffres du chômage en France et dans l’OCDE.

 « L’établissement allemand [l’Eurex] s’est inquiété dès le mois d’avril 2007. Il réalise alors que les transactions se font toujours sur le même poste. Autrement dit, il subodore qu’un trader de la Générale agit seul.

Mais c’est l’opération du 19 octobre 2007 qui va le conduire à tirer la sonnette d’alarme. Ce jour-là, Kerviel négocie 6 000 futures – des contrats à terme – pour une valeur de 1 milliard d’euros. Cette fois, les Allemands savent qu’un seul opérateur ne peut engager de telles sommes pour le compte de sa maison. Ce qui justifie leur courrier du 7 novembre.

La lettre d’Eurex aboutit au service d’inspection de la Société générale, avec un double à Eric Cordelle, le patron direct de Kerviel. Le responsable de l’inspection interroge alors benoîtement Kerviel lui-même. Qui fournit des éléments d’information, pour la plupart évidemment faux.

La banque répond à Eurex le 20 novembre, justifiant le volume considérable des transactions par la progression du marché et les circonstances dans lesquelles ont été passés les ordres. Eurex détecte dans ce courrier de nombreuses erreurs, en particulier sur les horaires de travail du trader.

Le 26 novembre, les Allemands relancent les Français, faisant état de la fameuse transaction de 1 milliard. La Société générale ne réagit toujours pas…

La banque réplique aujourd’hui qu’Eurex est une société commerciale qui cherche à ne pas être impliquée. Elle s’étonne également que le financier allemand se soit contenté d’un simple courrier pour dénoncer les dérives constatées. A la suite des révélations de l’enquête, une douzaine de personnes vont quitter la banque, démissionnaires ou, la plupart, licenciées. » SauvezKerviel.com

Cherche assistante trader

“Plus les taux de testostérone des courtiers sont élevés, plus grands sont leurs gains réalisés lors d’une séance boursière, révèle une étude britannique publiée hier aux Etats-Unis.
Quand des courtiers de la City à Londres ont de hauts niveaux de testostérone le matin, ils réalisent des profits plus importants que la moyenne durant la journée, selon des travaux de chercheurs parus dans les Annales de l’Académie nationale américaine des Sciences (Pnas).
Ces scientifiques ont suivi 17 courtiers londoniens pendant huit jours. Ils ont mesuré leur niveau de testostérone, une stéroïde et principale hormone sexuelle mâle, à 11 heures du matin, en pleine activité boursière et à 16 heures, à la fin de la séance, en prélevant des échantillons de leur salive.” Libération

D’abord, il faudra que l’on m’explique pourquoi les études britanniques sont publiées aux Etats-Unis…

Ensuite, j’adore ce genre de corrélations ! Heureusement ils ne se lancent pas explicitement dans une relation de cause à effet, mais quand même… Que ne ferait-on pas pour vendre ou pour publier.

Enfin, une chose est sûre, un taux élevé de testostérone ne semble pas faire de mal. Aussi, je recherche une assistante trader. Demoiselles, n’hésitez pas à m’envoyer votre CV et votre lettre de motivation. Attention, je paie au salaire minimum du Mexique, soit 1400 pesos bruts par mois (un peu moins de 90 euros) ! Cela me paraît fort honnête puisque cela correspond à plus de 100 tacos au restaurant, soit au moins 3 par jour !

Premier au classement du Challenge Investissement Supélec (suite)

Ouf, l’honneur est sauf pour cette journée de reprise à zéro du Challenge Investissement Supélec 2008. J’ai péniblement accumulé des performances positives malgré les frais prohibitifs (0,8% l’aller-retour au comptant et 1,6% au SRD), pour finalement regagner ma place d’hier. Au programme, recherche en temps réel des valeurs en déséquilibre pour profiter de mouvement rapides de cotation. Les volatilités suffisantes n’ont toutefois commencé à se matérialiser qu’en début d’après-midi (merci New York).

Place Place (actifs) Equipe Ecole Performance
1 1 Dailysmic INT 11.6256 %
2 2 UniKA ENSAM 10.1956 %
3 3 Thibault Supélec 7.9277 %
4 4 Wotan Team ENSAM 7.8100 %
5 5 khalid.pôle trading08 ESLSCA 7.6038 %
6 6 AlexG Ecole des Mines de Douai 4.6713 %
7 7 jonathan.horyn Supélec 4.6049 %
8 8 kick Supélec 4.4399 %
9 9 Kentin IPI 4.2167 %
10 10 Mel Ecole Internationale d’Esthétique Elysées-Marbeuf 4.1908 %
11 11 Team_PTSM ENSEA 4.1738 %
12 12 BFG-Dauphine222 Université Paris IX 4.1185 %
13 13 Volodia ENSEA 3.7752 %
14 14 Lord Plusieurs 3.4778 %
15 15 Calinours ISIFC 3.2783 %
16 16 dresder ESIEE 3.2760 %
17 17 ghebscorp ENSAM 3.2532 %
18 18 Kerviel_Mines Ecole des Mines de Douai 3.0408 %
19 19 HLJ-Dauphine222 Université Paris IX 3.0383 %
20 20 Bovespa ESIEE 2.7513 %
21 21 Les Belougas ENS Lyon 2.6778 %
22 22 Rachidservice IPSA 2.6299 %
23 23 chti’mi Ecole des Mines de Douai 2.6004 %
24 24 god & co Ecole Centrale Lyon 2.4756 %
25 25 enseanissa ENSEA 2.4715 %
26 26 Ayou IFIPS 2.4671 %
27 27 AMA-Dauphine222 Université Paris IX 2.2924 %
28 28 ESLSCA poletrading 2008 ESLSCA 2.2893 %
29 29 Hsvi ENSEA 2.2548 %
30 30 alami.mehdi ENSIC 2.1808 %

Premier au classement du Challenge Investissement Supélec

Après deux jours de trading intensif, mon équipe (Erwin Mayer, Youcef Banouni et Samuel Poujet) se hisse fièrement au sommet du classement du Challenge Investissement Supélec 2008. Tandis que le marché chutait de 0,22%, nous réalisons une performance de 37,27%.

Cependant, suite à des problèmes techniques, l’équipe d’organisation a décidé de réinitialiser tout demain ! Je me verrai donc contraint de remettre la main au trade pour maintenir un rang décent. Sachant que je ne serai pas opérationnel la semaine prochaine pour cause de séminaire à la Plagne, le défi est d’autant plus grand. Mais je ne doute pas que mes partenaires sauront poursuivre mon oeuvre.

(more…)

La Kerviel attitude fait des émules dans l’industrie pétrolière

Du pétrole, toujours du pétrole.

On apprend ce matin que la compagnie pétrolière, fleuron de l’industrie tricolore, longtemps enviée pour son mirifique bénéfice de 13 Milliards d’Euros, fera cette année un résultat net de 1 euro.Cette perte de 13 Milliards est due aux prises de position frauduleuses d’un ingénieur du groupe, agissant seul et au delà du pouvoir d’engagement qui était normalement le sien. Chaque nuit, depuis 6 mois, il interceptait deux super tankers de brut à leur départ du champs de Moho – Bilondo, riche producteur du Golfe de Guinée, tout en surveillant la dérivation du pipe line Russie-Europe qu’il avait installé pendant ses RTT et la dizaine de têtes de puits sous-marines clandestines posées pendant ses congés d’été. Trompant la supervision active de ses supérieurs, et sans que ceux-ci aient le moindre doute, il transférait 550000 barils de brut quotidiennement dans la citerne de sa maison de banlieue, adroitement camouflée sous le jardin. Conduisant seul ses camions citernes, il n’avait jusque là pas éveillé le moindre soupçon en garant les 550 semi-remorques dans l’étroit espace sis devant sa maison.

A l’insu de son management, il écoulait les cargaisons de brut sur le marché gris, en dehors des plates-formes de trading gré à gré londoniennes, sous une fausse identité, engrangeant les profits dans un compte anonyme à Zurich.

Cet ingénieur, ancien stagiaire de l’entreprise dans une station service du périphérique parisien, a mis à profit sa connaissance approfondie des procédés de comptage des pompes pour tromper les procédures de contrôle extrêmement pointues mises en place pour éviter de telles actions.

La direction de Total affirme qu’elle n’a appris la fraude qu’au dernier moment, et que l’employé indélicat ne s’est à aucun moment personnellement enrichi aux dépens du groupe. La famille de l’ingénieur le décrit d’ailleurs comme un individu fragile et sans histoire qui avait du mal à payer le plein de kérosène de son Falcon 900. Les ressources humaines l’évaluaient comme un individu sans ambition ni génie particulier. Son gestionnaire de carrière évoque un personnage sans relief, incapable de la moindre initiative.

Le PDG rassure les actionnaires en leur signalant que, malgré ces pertes abyssales, le Groupe ressort de cette affaire renforcé, et que les réserves stratégiques de pétrole restent au plus haut. Pour le dirigeant, rien de grave dans une affaire somme toute, complètement sous contrôle et très saine. Le dividende de cette année restera donc stable, tout en accompagnant une augmentation du prix du litre de super encore indéterminée, permettant des économies de carburant favorables à l’environnement.

La revente, ce week-end de plus de 1.2 Milliards de barils a causé un impact considérable sur le marché international des hydrocarbures, accentuant par là même, dans un effet de levier immédiat, la baisse du prix du baril. Le gouvernement français assure que Total n’est pas responsable de la chute immédiate du prix à la pompe pour compenser ce redressement pharaonique.

Selon le ministère de l’Intérieur, la fraude a été découverte lors d’un contrôle de routine sur l’autoroute, lorsqu’un paysan du Quercy a été intercepté avec un jerrycan de fuel provenant d’une cargaison douteuse. Cette anomalie n’a pas échappé aux limiers de la brigade financière, qui interrogent actuellement le suspect. Il a reconnu les faits, et signale que l’ensemble de l’argent issu des transactions est certes parti en fumée, mais qu’il n’y a là aucune malversation, “de nombreux milliards de barils restant à découvrir”. Des rumeurs de rachat de Total par le groupe alimentaire allemand Lidl parcourent actuellement les places financières.

Le PDG du groupe à renoncé à son salaire des dix prochaines années, en expliquant notamment que ses 150 millions d’euros de prime de fin d’année suffiront à lui maintenir un niveau de vie proche de celui du public. La perte financière, représentant quant à elle, 10 825 000 années de SMIC, signifie qu’il sera nécessaire de réévaluer les processus de retraites et justifie un plan d’austérité sans précédent. Le milieu pétrolier se dit profondément désolé de cette perte de pétrole et jure qu’on ne l’y reprendra pas.

Source

Mission green : rapport interne de la Société Générale sur l’Affaire Kerviel

Dans un rapport publié aujourd’hui, et curieusement intitulé “mission vert” (et non mission verte, le “green” étant postposé), l’Inspection Générale de la Société Générale revient en détail sur les opérations effectuées par Jérôme Kerviel. On y lit une foule d’informations intéressantes, pour votre culture (si vous voulez faire pareil et aller aussi en prison), je ne peux que vous le conseiller : Rapport de la Mission Green.

Ce qui choque, c’est cette courbe de P&L consolidé hors positions fictives. Au vu des risques pris dès juin 2007 par Jérôme Kerviel, qui était déjà en perte de plus de 2 milliards d’euros (comme dirait l’amie Ségolène, il aurait mieux fait d’en faire don à la Fondation Erwin Mayer), sauvé miraculeusement par le krach des subprimes en août, je ne peux que retirer tout soutien ou compassion que j’avais à son égard. Il faut vraiment être débile ou malintentionné pour en arriver là. On dirait un boursicoteur de la première heure, qui se plaît à vivre pleinement et longuement avec le marché ou contre le marché selon son humeur. Après un tel drawdown (-85% en un an sur des positions hyper spéculatives en warrants), lorsque je commençai quant à moi à “investir” en 2006, j’eus au moins le mérite de remettre en question ma “stratégie”. Là non. L’ami Kerviel, non content d’avoir effacé sa perte colossale grâce à un facteur accidentel, a joyeusement repris sa martingale, histoire de voir s’il pouvait inverser la courbe. Je doute qu’il se soit amusé à cela s’il s’était agi de ses économies.

Illustration n°2 : P&L de Jérôme Kerviel

Il n’y a plus qu’à espérer que cette déficience ne soit pas trop répandue parmi les traders. Le jeu est à somme nulle (sauf pour les courtiers qui prennent inlassablement leur prime au passage), mais cela ferait vraiment tâche qu’une telle profession soit le vivier de tant de joueurs compulsifs et magouilleurs.

Update du 24 mai : la Mission green vient de publier un second (et dernier) rapport, qui apporte de nombreuses précisions et informations nouvelles. Voir ici le post relatif.

Les échanges entre Jérôme Kerviel et Moussa Bakir, selon le NouvelObs

A en juger par la pauvreté du style d’écriture, ces deux hommes semblent plus à plaindre qu’à blâmer. Ils ressemblent à des petits enfants qui ont fait une bêtise et qui attendent dans l’angoisse que leurs parents la découvre. De combien de fessées vont-ils écoper ? (more…)

Tout sur l’affaire Société Générale

Le blog Duo&Co a repris et commenté les déclarations de Jérôme Kerviel concernant ses opérations :

http://duoandco.blogspot.com/2008/01/jrme-kerviel-reconstitution-des-faits.html

A défaut d’éléments contradictoires, il semble que les thèses relatives aux subprimes soient désormais à écarter. Vu les explications concernant le back et le middle office, je conçois tout à fait que ce trader ait pu ainsi déjouer les protections. Fait notable, il apparaît que les pertes ont été réalisées seulement début janvier 2008 ! L’année 2007 fut quant à elle fastueuse pour ce trader (1,4 milliard de profit soit un quart du bénéfice global du groupe). Je m’imagine tout à fait à sa place (surtout en 2007 :-), même si depuis mes pertes instructives lors de mes débuts sur les marchés, j’ai pris mes distances avec le trading directionnel.

A ce sujet, je ne saisis toujours pas pourquoi personne jusqu’à présent n’a reproché à Jérôme Kerviel d’avoir dévié de ses prérogatives d’arbitragiste (un arbitragiste n’est pas censé prendre des positions à la hausse ou à la baisse !) pour devenir trader exotique voire prop trader. Qu’il ait couvert ses opérations de manière fictive est une chose, qu’il les ait couvertes avec des opérations appartenant d’un domaine du trading qui n’était pas le sien aurait dû dès le départ (début 2007) interpeller le back office. A moins qu’il n’y ait eu de complaisance délibérée. Quand on ne trade pas avec son argent, le risque n’a jamais la même signification et au vu des bonus escomptés, le jeu peut en valoir la chandelle.